Ce jeudi 30 avril, le prix du baril de Brent a retrouvé ses plus hauts niveaux depuis le début de la guerre en Ukraine, atteignant 126$ le baril. Avec la poursuite du blocus maritime et une situation qui semble loin de s'apaiser au Moyen-Orient, les prix des carburants vont rester élever encore longtemps, selon des experts économiques.
C'est du jamais-vu dans les stations-services. Les prix moyens à la pompe sont largement au-dessus des 2 euros au litre, que ce soit pour l'essence ou pour le gazole. Conséquence du conflit au Moyen-Orient et du blocus maritime de l'Iran et des États-Unis dans le détroit d'Ormuz, il manque plus de 7 à 10 millions de barils de pétrole par jour dans le monde.
Et plus la guerre s'éternise, plus les prix vont être tirés vers le haut. Le tout, dans un contexte d'inflation en France à 2,2% au mois d'avril.
"Des ménages vont perdre en pouvoir d'achat"
"Il y a des ménages qui bien sûr avec le choc inflationniste vont perdre en pouvoir d'achat", alarme Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez Rexecode. "Et le choc va se ressentir plus durement dans les mois à venir que cela n'avait pas été le cas en 2022, puisque l'on avait été protégé dans des proportions presque déraisonnables, cela ne sera pas le cas en 2026, ça c'est très clair", ajoute-t-il.
Et comme le conflit ne devrait pas se régler en quelques semaines, les marchés l'ont bien intégré et cela se répercute déjà sur les estimations du prix du pétrole dans les mois à venir.
"On voit que même sur du plus long terme, on commence à avoir une réaction et une tension sur les prix", analyse Andrea Tueni, responsable des activités de marché chez Saxo Bank. "Si l'on regarde la moyenne annuelle du Brent en 2027, on augmente de 25%, si on regarde la moyenne en 2028, on augmente de 16% donc on a une hausse des risques d'inflation à long terme et ça, c'est un point important pour le marché", complète-t-il.
Seul point positif pour le budget des Français dans ce contexte, une très probable revalorisation du SMIC en juin pour compenser l'inflation. Soit une légère hausse de 35 à 40 euros brut par mois.