Visé par la polémique sur d’éventuels superprofits, TotalEnergies a annoncé maintenir son plafonnement des carburants en France tant que durera la crise au Moyen-Orient. Le gouvernement, lui, cultive l’ambiguïté.
Directement visé depuis plusieurs jours par la polémique sur d’éventuels superprofits, TotalEnergies a annoncé maintenir sa politique de plafonnement des carburants en France tant que durera la crise au Moyen-Orient.
Le sans-plomb, quel qu’il soit, restera plafonné à 1,99 euro le litre, tandis que le gazole et le gazole Excellium resteront plafonnés à 2,25 euros. L’entreprise est certes régulièrement ciblée par la gauche, mais elle l’est désormais aussi par le gouvernement, qui cultive l’ambiguïté.
Sous le feu des critiques depuis le début de la hausse des prix des carburants, l’exécutif renvoie une partie de la responsabilité vers les distributeurs. Mercredi, Sébastien Lecornu refusait toutefois le "Total bashing", tout en estimant que l’entreprise devait "redistribuer d’une manière ou d’une autre les éventuels profits exceptionnels".
"Nous avons déposé une proposition de loi qui vise à taxer les superprofits", déclare Olivier Faure
De son côté, la gauche réclame une taxation pure et simple. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, défend ainsi une proposition de loi visant à taxer les superprofits des très grandes entreprises. "Nous avons déposé une proposition de loi qui vise à taxer les superprofits. Pour les entreprises qui font plus de 750 millions de chiffre d’affaires, donc les très grosses entreprises. Total, ce serait 2 milliards", a-t-il expliqué.
Ce jeudi après-midi, le Premier ministre s’est exprimé depuis Matignon, reconnaissant un "débat légitime" autour de TotalEnergies. "Le débat sur Total, il est légitime. De toute façon, il est sur la place publique et on peut le comprendre. Tous les sujets de fiscalité, de toute façon, c’est un sujet pour l’année prochaine. Les débats budgétaires sont à l’automne. Vous ne pouvez pas inventer un impôt comme ça, par un claquement de doigts au milieu d’année, heureusement d’ailleurs, c’est une démocratie", a-t-il déclaré.
En clair, le gouvernement tente tant bien que mal de maintenir un équilibre. L’exécutif affirme poursuivre les échanges avec les différents acteurs, une manière de temporiser, de gagner du temps, mais aussi de se montrer au travail dans un contexte de colère populaire grandissante et de guerre au Moyen-Orient dont la durée reste impossible à prévoir.