La légion étrangère commémore ce jeudi la bataille de Camerone. Il y a 163 ans, une soixantaine de légionnaires se sont battus pendant plusieurs heures contre 2.000 hommes de l'armée mexicaine, créant la renommé du bataillon.
C'était en 1863. Lors de la campagne du Mexique, une compagnie de la légion étrangère s'est retrouvée à lutter face à l'armée mexicaine. Une bataille de près de 10 heures, dans le seul but de protéger le passage d'un convoi français.
La moitié du bataillon perdra la vie, et les survivants seront quasiment tous blessés au cours des combats. 163 ans plus tard, c'est bien cet acte de bravoure qui est célébré ce jeudi à Aubagne, maison-mère de la légion étrangère, devant près de 5.000 spectateurs, parmi lesquels notamment le Prince Albert de Monaco.
Un moment important pour une bataille historique. Près de 2.000 Mexicains encerclent 65 légionnaires. Un combat déséquilibré, d'autant que tout joue contre les Français. "Les conditions étaient terribles. Il faisait chaud, ils n'ont pas mangé depuis la veille, il y a très peu d'eau, ils ne sont pas ravitaillés... Ils vont être à court de munitions à un moment donné", raconte au micro d'Europe 1 le major Frédéric, du Centre de Documentation Historique de la Légion.
"On ne refuse rien à des hommes comme vous"
Ces légionnaires vont pourtant compenser ce handicap avec la science du combat. "On ne tient pas dix minutes normalement, mais ce sont des soldats aguerris. Ils vont donc se retrancher dans une espèce de ferme. Ils vont tenir aussi parce que le capitaine Danjou va leur faire jurer de tenir jusqu'au bout", poursuit-il.
La moitié des légionnaires meurent sous les balles, les autres sont blessés. Les derniers acceptent de se rendre, mais sous condition. "Uniquement si les Mexicains leur laissent leurs armes et relèvent leurs blessés. Un officier mexicain répondra : 'On ne refuse rien à des hommes comme vous'", conclut le major Frédéric. Ces légionnaires ont forcé le respect de leur adversaire, et aujourd'hui encore. Les soldats mexicains présentent les armes en passant devant le monument érigé sur place.