Le ministre chargé des PME, Serge Papin, a présenté, jeudi 23 avril, une série de mesures pour faciliter la reprise d'entreprises de 500.000 dirigeants qui partiront à la retraite dans les dix ans. La Banque publique d'investissement agira comme un "véritable Tinder de la reprise", organisant des rencontres entre dirigeants d'entreprises et repreneurs.
Face à un choc démographique qui verra 500.000 dirigeants d'entreprises partir à la retraite dans les dix ans, le ministre chargé des PME, Serge Papin, a présenté jeudi une série de mesures pour faciliter la reprise des entreprises concernées.
Des patrons parfois trop attachés
"Derrière ces entreprises, il y a trois enjeux majeurs, garantir notre souveraineté économique pour continuer à produire en France (...), promouvoir nos territoires pour éviter une désertification économique (...) et transmettre nos savoir-faire et compétences", a observé le ministre, lors d'un discours à l'événement "Objectif Reprises" qui a réuni jeudi plusieurs centaines d'entrepreneurs à Bercy.
L'entrepreneuriat a du succès en France : près de 30% des Français sont prêts à se lancer, dont plus de 50% chez les 18-34 ans, a rappelé Serge Papin. Mais les patrons cédants ont souvent du mal, psychologiquement, à se préparer.
Objectif : 25.000 dirigeants sensibilisés par an
"On parle encore trop peu" de la reprise : "c'est une aventure qu’on vit seul, avec ses doutes, ses questions, ses peurs. Cela doit changer", a expliqué le ministre, pour qui ce sujet doit devenir "grande cause économique nationale".
Il a annoncé une campagne de sensibilisation des chefs d'entreprise. Un message sera envoyé à tous les dirigeants de plus de 55 ans, un guide du repreneur sera distribué à tous les chefs d'entreprises, enfin, les Chambres de commerce et d'Industrie (CCI) et les Chambres de métiers et de l'artisanat (CMA) proposeront un accueil physique des dirigeants intéressés par une cession, avec l'objectif de 25.000 dirigeants sensibilisés par an.
Pour faire connaître aux jeunes la reprise d'entreprises, le ministère souhaite mobiliser le système éducatif : lycées professionnels, écoles de commerce, écoles d’ingénieurs... pour diffuser le message "qu'entreprendre, c'est aussi reprendre".
Bpifrance transformée en "véritable Tinder de la reprise"
Pour accroître les rencontres entre acheteurs et cédants, la plateforme existante de la Banque publique d'investissement Bpifrance sera transformée en "véritable Tinder de la reprise", du nom de l'application de rencontres. Des sessions de rendez-vous seront ensuite organisées chaque trimestre par les CCI et CMA, selon Serge Papin.
Pour les financements, Serge Papin, qui défend vigoureusement le dispositif fiscal Dutreil facilitant la transmission intra-familiale d'une entreprise, a dit souhaiter porter dans le prochain budget "des dispositifs fiscaux" en faveur de la reprise d'une entreprise par ses salariés.
Il serait aussi partisan d'un échelonnement de la fiscalité pour encourager le dispositif du crédit-vendeur, par lequel le cédant consent un échelonnement du paiement à l'acheteur sur plusieurs années.