Emmanuel Macron joue l'équilibre au Moyen-Orient. Face aux demandes de l'Espagne et de l'Irlande de suspendre l'accord entre l'Union européenne et Israël, le président de la République estime que la demande "est légitime", mais rappelle l'attachement de la France à l'État hébreu.
L’accord d’association entre l’Union Européenne et Israël sera-t-il remis en cause ? Alors que l’Espagne et l’Irlande ont réclamé la suspension totale de cet accord, de son côté, le président de la République Emmanuel Macron revendique "une interrogation légitime".
Car c'est une mesure qui requiert l’unanimité des 27 pour être prise. Et face à la radicalité de la position espagnole sur le sujet, Emmanuel Macron n’exclut pas à terme une suspension de cet accord d’association en cas de statu quo.
"Si Israël continue, nous ne pourrons pas faire comme si de rien n’était"
"La France est attachée à Israël, son existence, sa sécurité, la sécurité des populations israéliennes. Dans le même temps nous avons condamné des choix massifs qui ont été faits par le gouvernement israélien. Ce contexte rend légitime l’interrogation sur la suite de cet accord d’association. Si Israël continue cette politique, nous ne pourrons pas faire comme si de rien n’était" , insiste-t-il lors d'une prise de parole aux côtés du Premier ministre libanais.
Si le chef de l’État temporise à ce stade, il salue néanmoins un acquis important, celui du cessez-le-feu, et dit désormais attendre les prochaines semaines, pour se coordonner avec les partenaires européens.
L'UE, premier partenaire commercial d'Israël
De son côté le ministre israélien des affaires étrangères accuse l’Espagne "d’hypocrisie et d’hostilité", et reproche au gouvernement de Pedro Sanchez une proximité avec "la Turquie d’Erdogan, ou le Venezuela de Maduro".
Pour rappel, cet accord est le socle des relations entre l’Europe et Israël, l’Union Européenne étant aujourd’hui le premier partenaire commercial de l’état hébreu