Au lendemain de la mort de Nahel, les mots d’Emmanuel Macron ont marqué un tournant, estime William Molinié lors de l'émission Pascal Praud et vous. Une prise de parole destinée à apaiser, mais qui aurait contribué à légitimer une partie des violences.
Au lendemain de la mort de Nahel, la parole présidentielle a pesé lourd lors de cette séquence importante qui a marqué l'année 2023. En déplacement à Marseille sur les questions d’insécurité et de narcotrafic, Emmanuel Macron qualifie rapidement les faits d’"inexplicables" et "inexcusables".
Une réaction immédiate, alors que les premières émeutes viennent d’éclater à Nanterre. Pour le journaliste William Molinié, auteur du livre "Dernier Recours - Enquête sur l'affaire Nahel", cette prise de parole constitue un moment charnière.
"Si c’est inexcusable, on entre déjà dans un registre quasi judiciaire", analyse-t-il lors de l'émission Pascal Praud et vous. En d’autres termes, employer ce terme revient à suggérer une culpabilité avant même que la justice ne se prononce.
"Ça met le poids de la responsabilité sur le policier"
Selon lui, c’est précisément à cet instant que "l’opinion publique bascule dans une forme de légitimation des violences" qui vont suivre.
Ces mots ont pu être perçus comme une validation de la colère. "Ça met le poids de la responsabilité sur le policier", souligne encore William Molinié lors de l'émission Pascal Praud et vous.