Un témoignage poignant. La tante de Louis, cet adolescent décédé suite à un lynchage vendredi dernier à Narbonne, s'est exprimée au micro d'Europe 1. "Son cerveau était tellement endommagé, on ne pouvait pas lui parler", confie-t-elle.
Après Thomas, Elias, Mathis, Lola, voici Louis, cet adolescent de 17 ans décédé hier après avoir été victime d'un guet-apens vendredi dernier sur un chantier de Narbonne.
L'enquête en cours a mené à la mise en examen et au placement en détention de 5 suspects âgés de 17 à 19 ans. Il s'agirait de jeunes que la victime aurait croisés dans des foyers de l'ASE, l'aide sociale à l'enfance.
"Un gamin qui était surtout très attaché à sa famille"
Marie-Julie, la tante de Louis, s'est exprimée après la mort de son neveu. Dévastée et révoltée, la marraine de cet adolescent qu'elle décrit "comme un gamin rieur qui jouait de la guitare, qui aimait sortir avec ses copains et qui était surtout très attaché à sa famille".
Samedi, lorsqu'elle arrive à l'hôpital, son neveu est dans le coma. La violence du lynchage subi la veille est telle que la famille ne peut même pas l'approcher : "On a pu le voir, mais à distance, parce que son cerveau était tellement abîmé qu'il ne fallait absolument pas le solliciter. Donc le moindre mouvement, le moindre bruit, la moindre parole le mettait en danger".
Louis finit par succomber à ses blessures infligées par cinq agresseurs. Des adolescents, téléphone à la main, qui se filment en train de frapper Louis à la tête et qu'on entend suffoquer.
"C'est l'enfer sur terre"
Toutes ces images, sa tante a tenu à les regarder. "C'est l'enfer sur terre. Je n'ai même plus les mots pour dire ce qui lui est arrivé, ce qu'ils lui ont fait. C'est incompréhensible ce qu'on est en train de vivre. C'est un massacre. Je pense que si vous voyez ça sur une personne lambda, déjà, si vous êtes un peu humain, vous ne dormez plus. Mais quand c'est la chair de votre chair ou la chair de votre sœur ou de votre famille, vous ne fermez plus jamais l'œil", confie-t-elle.
Marie-Julie attend désormais que les cinq agresseurs soient lourdement condamnés. La famille veut aussi que Louis ne soit pas réduit à un simple fait divers. Ce soir, sa tante laisse éclater sa colère : "Il faut arrêter de massacrer nos enfants dans ce pays". Une marche blanche pour Louis devrait être organisée ce week-end.