Malgré la nécessité d’aider les automobilistes et les professionnels de la route face à la crise énergétique, l’exécutif se retrouve pris au piège de ses comptes. L’an dernier, la France a consacré près de 57,2 % de son PIB aux dépenses publiques, presque un record en Europe.
Les prix à la pompe grimpent, mais aucune aide généralisée n’est planifiée pour le moment. Contrairement aux aides et aux baisses de taxes mises en place en 2022, le gouvernement assure cette fois-ci être à sec et ne pas pouvoir remettre en place un tel bouclier.
Pour y parvenir, l’État devrait d’abord faire des économies. Un problème qui semble difficile à résoudre, alors même que le pays dépense toujours plus. Les tout derniers chiffres de l'Insee confirment une tendance de fond : la France reste parmi les pays champions de la dépense publique.
En Europe, seule la Finlande fait pire. L’équivalent de 57,2 % du PIB en 2025 a été consacré à la dépense publique, soit près de 8 points au-dessus de la moyenne. Et rien ne semble arrêter la progression. Ainsi, les dépenses des administrations publiques ont augmenté de 2,5 % sur un an. Cela progresse moins vite que les années précédentes, mais cela correspond tout de même à +41,4 milliards d’euros.
Les retraites et la santé tirent les dépenses vers le haut
Les prestations sociales contribuent à près de 60 % de cette hausse, notamment avec les revalorisations indexées sur l’inflation. Une note de Rexecode montrait que l’écart avec la zone euro en matière de déficit vient quasi exclusivement du niveau des dépenses de santé et des retraites françaises. La fondation IFRAP pointait récemment que, là aussi, la France se situe 5 points au-dessus de la moyenne.
Par ailleurs, les dépenses de fonctionnement ralentissent enfin : c’est surtout un effet du gel du point d’indice de la fonction publique, précise l’Insee. Les recettes ont été en hausse de 3,9 %… Mais la trajectoire n’est pas positive pour autant, puisque la Cour des comptes a souligné que l’effort de redressement repose quasi exclusivement sur des hausses d’impôts plutôt que sur des économies structurelles.