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Gaz : la menace de Vladimir Poutine contre l’Union européenne, la facture des Français bientôt impactée

Vladimir Poutine, président de la Russie. [Alexander Zemlianichenko / POOL / AFP]

La menace brandie par Vladimir Poutine tombe au pire moment pour l’Union européenne. Alors que la guerre en Iran perturbe déjà les exportations de gaz du golfe Persique, le président russe envisage de rediriger les livraisons destinées à l’Europe vers l’Inde ou la Chine.

Vladimir Poutine envisage de jouer un mauvais tour à l’Union européenne. Alors que le calendrier de la Commission prévoit l’interruption totale des importations de gaz russe d’ici l’automne 2027, le président russe menace de rediriger immédiatement les livraisons de gaz destinées à l’Europe vers des marchés émergents "plus prometteurs", comme il l’a confié à des journalistes locaux.

Une déclaration qui tombe au pire moment pour les Vingt-Sept : la guerre en Iran bloque les exportations de gaz en provenance du golfe Persique et fait flamber les cours du combustible. Si Vladimir Poutine passe à l’acte, quelles pourraient être les conséquences pour l’Europe ?

Le gaz naturel russe ne représente plus que 7% de la consommation européenne

A priori, pas de pénurie ou de nouvelle crise énergétique à l’horizon. Le gaz naturel russe ne représente plus que 7 % de la consommation européenne, contre 45 % avant la guerre en Ukraine.

Mais avec sa menace de rediriger le gaz destiné à l’Europe vers la Chine ou l’Inde, Vladimir Poutine vient compliquer un peu plus l’équation énergétique des Vingt-Sept, déjà lourdement impactés par la décision du Qatar de stopper temporairement sa production et ses exportations en raison de la guerre.

Thierry Bros est professeur à Sciences Po et spécialiste des questions énergétiques :
"On avait mis l’embargo sur le GNL russe parce qu’on était certains qu’on allait, en 2026, avoir un monde où il y aurait tellement de GNL qu’on n’aurait pas de problème. Et Poutine arrive en disant : 'Encore une fois vous avez tort. Quand vous n’avez plus de gaz du Qatar, qu’est-ce que vous faites ?'"

Deux options aux Européens 

Le timing choisi par Vladimir Poutine n’a rien d’un hasard. Quelques heures plus tôt, le ministre norvégien de l’Énergie invitait les Vingt-Sept à reporter le calendrier d’arrêt des importations russes dans le contexte de la guerre en Iran.

En réalité, le président russe laisse deux options aux Européens : alléger, voire lever leurs embargos sur le gaz russe pour sécuriser leur approvisionnement, ou se tourner dans l’urgence vers de nouveaux fournisseurs, qui feront monter les prix pour remplacer l’arrêt des importations de la Russie et du Qatar.