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Guerre au Moyen-Orient : à quel moment un pays peut-il être considéré comme belligérant ?

Le porte-avions français Charles de Gaulle avec des avions Rafale, dans la base navale de Singapour, le 4 mars 2025. [Roslan RAHMAN / AFP]

Emmanuel Macron l'a assuré, sa responsabilité est de "défendre l'intérêt national". En déployant l'armée au Moyen-Orient et en venant prêter main fortes aux pays alliés, Paris n'est pourtant pas considérée comme belligérante. Pour quelles raisons ? 

Cinq jours de guerre au Moyen-Orient. Cinq jours que le Moyen-Orient a basculé dans une guerre qui ne cesse de s'étendre et de faire entrer de nouveaux acteurs. 

La France pour l'heure, reste sur une position défensive. En guise de prévoyance, Paris a déployé 1.500 soldats dans la zone, envoyé une flotte de Rafale dans le ciel du Golfe, et fait prendre la voie maritime vers la Méditerranée au porte-avions Charles de Gaulle. Tant de déploiement militaires qui n'actent pourtant pas sa participation active au conflit.

Les combats se poursuivent

"Face à cette guerre en train de s'étendre, ma responsabilité est d'agir pour protéger notre pays" et "défendre "l'intérêt national", a assuré Emmanuel Macron lors de son allocution aux Français, mardi soir. 

Car oui, la guerre ne cesse de s'étendre dans les différents pays du Moyen-Orient. Débutée samedi matin par des frappes conjointes menées par Israël et les États-Unis sur l'Iran, qui ont mené à la mort de l'ayatollah Khamenei, elle a conduit le régime des Mollahs à attaquer, en représailles, au moins sept pays de la région. 

Des frappes iraniennes ont ainsi été observées en Israël, mais aussi en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, au Qatar, au Koweït, au Bahreïn et à Oman. Dans le même temps, la République islamique d'Iran, a menacé de "brûler tout navire qui tentera de franchir le détroit d'Ormuz", principal point de passage maritime des cargaisons mondiales de pétrole et de gaz. L'objectif étant de vouloir faire pression sur les pays alliés d'Israël. 

En face, l'armée israélienne a lancé une incursion terrestre au sud du Liban, où se trouvent le fief du Hezbollah, allié du régime iranien. 

De son côté, Donald Trump ne cesse de multiplier les invectives et menaces à destination du régime des mollahs. Le locataire de la Maison blanche, a de fait assurer avoir "à peu près tout détruit" de l'attirail militaire iranien. 

Ce mercredi 4 mars, un sous-marin américain a d'ailleurs bombardé un vaisseau sous pavillon iranien. Des images qui n'avaient pas été observées depuis la Seconde Guerre mondiale. 

Qu'en est-il des pays européens ? 

Les pays européens eux, sont également mis sous pression. Dans la nuit de dimanche à lundi, deux missiles balistiques iraniens ont attaqué une base militaire britannique localisée à Chypre. 

Toujours lors de son allocution aux Français, Emmanuel Macron a assuré que "deux bases militaires françaises ont subi des frappes limitées ayant causé des dégâts matériels". 

Des attaques visées contre lesquelles les pays européens se défendent et mettent en place des actions militaires par mesure de sécurité. La preuve en est, 5.100 soldats français sont déployés dans la région, des Rafales survolent le Golfe par mesure de sécurité, comme l'a défendu le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, et l'ordre a été donné que le "porte-avions Charles de Gaulle, ses moyens aériens et son escorte de frégates [fassent] route vers la Méditerranée". 

Tant d'actes militaires, comme l'a confirmé le général Dominique Trinquand, mais qui n'actent pourtant pas l'entrée de la France dans le conflit en tant qu'acteur. 

"Tant qu'on ne se mettra pas à taper l'Iran, on ne sera pas considéré comme belligérant", explique le gradé. Ainsi, les différents actes militaires tels que la neutralisation de drones iraniens, de la part de la France, sont "des actes de légitime défense".

"Pour l'instant, on défend nos intérêts", rappelle le Général Trinquand. Des mots qui font écho à ceux employés par le gouvernement français, qui tend à rester sur une posture défensive pour l'instant, comme l'assure l'article 51 de la Charte des Nations Unies. 

Ainsi, "défendre ses intérêts", répondre "en légitime défense" et "défendre ses alliés" mais sans attaquer directement un pays tierce, sont bel et bien des actes militaires mais qui ne placent pas la France comme belligérante.