La décision de la Commission européenne d'appliquer de façon provisoire l'accord commercial avec le Mercosur est "une mauvaise surprise" pour la France et "une mauvaise manière" pour le Parlement européen, a réagi Emmanuel Macron vendredi.
Emmanuel Macron a estimé vendredi que la décision de la Commission européenne d'appliquer de façon provisoire l'accord commercial avec les pays latino-américains du Mercosur était "une mauvaise surprise" pour la France, qui y est opposée, et "une mauvaise manière" pour le Parlement européen.
Il faut dire qu'en refusant d'attendre le vote du Parlement, Ursula von der Leyen impose son calendrier au reste de l'Europe sans consulter les autres opposants à cet accord, comme la Pologne, par exemple, l'Irlande ou encore l'Autriche.
La Commission assume "une très lourde responsabilité"
"La Commission européenne a fait le choix unilatéral d'appliquer provisoirement l'accord avec le Mercosur, alors même que le Parlement européen ne l'a pas voté. Elle assume ainsi une très lourde responsabilité", a protesté le président français lors d'une déclaration au côté du Premier ministre slovène Robert Golob à Paris.
"C'est une grande responsabilité vis-à-vis des agriculteurs qui ont exprimé leurs inquiétudes et pour lesquelles les Européens n'ont pas encore apporté la visibilité nécessaire", a-t-il dit, jugeant que cette décision renforçait "leur incertitude".
"C'est aussi une grande responsabilité vis-à-vis des citoyens européens et de leurs représentants qui n'ont pas été dûment respectés", a encore dénoncé le chef de l'Etat. "Pour la France c'est une surprise, et une mauvaise surprise. Et pour le Parlement européen c'est une mauvaise manière", a-t-il martelé.
Un accord "criminel pour la souveraineté européenne"
Il a promis de veiller à faire en sorte que "ce que nous avons durement négocié durant ces derniers mois soit respecté" en matière de règles pour encadrer les échanges agricoles avec le Mercosur.
"Nous serons intraitables sur le respect de ces règles, parce que notre Europe a beaucoup alourdi les règles sur nos producteurs ces dernières années. Et donc je ne défendrai jamais un accord qui est laxiste à l'égard de ce qu'on importe et dur à l'égard de ce qu'on produit chez nous, parce que c'est incohérent pour le consommateur européen et c'est criminel pour la souveraineté", a encore affirmé Emmanuel Macron. Sans surprise, les syndicats agricoles ont condamné, à l'unanimité, "un déni de démocratie".
De son côté, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard se fait l'écho du président. Elle regrette une décision "très préjudiciable au regard de l'esprit des institutions européennes". Sans surprise, les syndicats agricoles condamnent à l'unanimité un déni de démocratie.