Depuis le meurtre de Quentin Deranque, le Rassemblement national observe la France insoumise devenir la nouvelle cible de toute la classe politique. Longtemps ostracisé, le parti à la flamme en profite pour poursuivre sa quête de "normalisation", et s'attèle à faire des Insoumis les nouveaux infréquentables.
En accentuant la diabolisation de La France insoumise, Jordan Bardella et Marine Le Pen anticipent une stratégie de second tour face à Jean-Luc Mélenchon. En 2017 et 2022, Marine Le Pen a pâti de l'image d'un parti prétendument extrémiste, face au vote de raison qu'Emmanuel Macron représentait, à tort ou à raison.
C'est précisément le scénario inverse que prépare le Rassemblement national en cas de duel au second tour face à Jean-Luc Mélenchon.
Tenir à distance les franges radicales
Depuis le meurtre de Quentin Deranque, Jordan Bardella appelle en effet à dresser un cordon sanitaire autour des Insoumis. Le président du RN a également demandé à ses élus de ne pas faire partie du cortège en hommage au jeune homme. Une manière de ne pas être associé aux quelques saluts nazis aperçus dans une marche qui s'est, par ailleurs, déroulée sans heurts.
Globalement, le parti condamne évidemment la violence d'ultra gauche, mais fait tout pour montrer patte blanche à l'égard des mouvances d'ultradroite, longtemps assimilées au Front national. "Il y a plusieurs années, Élisabeth Borne était alors Première ministre, Marine Le Pen a demandé à dissoudre ces mouvements violents, qu'ils soient d'extrême gauche ou d'extrême droite", souligne au micro d'Europe 1 Sébastien Chenu, vice-président du RN.
Un discours qui vise à se présenter comme une alternative raisonnable, face à une France insoumise qui cultive sa radicalité. Le RN veut y voir là un espoir de l'emporter en 2027.