Anne-Claire Legendre, diplomate proche conseillère d'Emmanuel Macron, a été désignée mardi pour succéder à Jack Lang à la tête de l'Institut du monde arabe. Cette diplomate de carrière arabophone, spécialiste du Maghreb et du Moyen-Orient, devient la première femme à présider le conseil d'administration de l'IMA.
Pour la première fois, l'Institut du monde arabe (IMA) sera présidé par une femme. Anne-Claire Legendre, diplomate proche conseillère d'Emmanuel Macron âgée de 46 ans, a été proposée ce mardi matin aux membres du conseil d'administration pour succéder à Jack Lang, empêtré dans l'affaire Epstein et démissionnaire de l'institution. Sa candidature a été entérinée dans la foulée.
Une diplomate de carrière arabophone, spécialiste du Maghreb et du Moyen-Orient
"Madame Anne-Claire Legendre dispose de l'expérience, des qualités et de la vision stratégique nécessaires pour assumer ces responsabilités éminentes. Si elle est élue, elle deviendra la première femme à présider le conseil d'administration de l'IMA", a souligné Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, sur X avant l'officialisation de sa nomination.
Je proposerai ce matin, par la voix du représentant du ministère au Conseil d'administration de l'Institut du Monde Arabe, le choix de Madame Anne-Claire Legendre en qualité de membre désigné par la France et de présidente du Conseil d'administration. pic.twitter.com/KZBBUMwP7A
— Jean-Noël Barrot (@jnbarrot) February 17, 2026
La candidature de cette diplomate de carrière arabophone, spécialiste du Maghreb et du Moyen-Orient, faisait l'unanimité parmi les membres de ce conseil où siègent sept représentants de pays arabes. Un ambassadeur siégeant au conseil d'administration affirme auprès de l'AFP qu'elle est "compétente, substantielle et engagée avec une connaissance aiguë de chaque pays qui compose le monde arabe, que ce soit le Maghreb ou le Moyen-Orient".
Porte-parole du Quai d'Orsay en parallèle de la guerre en Ukraine
Avant de prendre les rênes de l'Institut du monde arabe, véritable instrument d'influence française, Anne-Claire Legendre était conseillère du président Emmanuel Macron chargée de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient depuis fin 2023. Elle parle l'arabe avec aisance, qu'elle a notamment appris à l'Institut national des langues et civilisations orientales. Elle est également diplômée de Sciences Po Paris et de la Sorbonne (Lettres modernes).
Anne-Claire Legendre est née en 1979 en Bretagne. Elle a occupé plusieurs fonctions au ministère des Affaires étrangères, et est devenue, en 2016, la première et plus jeune femme consul de France à New York. Après avoir occupé ce poste pendant quatre ans, elle est devenue ambassadrice au Koweit de 2020 à 2021, avant d'être rappelée à Paris à peine un an plus tard, pour incarner le porte-parolat du Quai d'Orsay et prendre la direction de la communication et de la presse de ce ministère.
Elle occupe ce poste entre septembre 2021 et décembre 2023, une période marquée par le début de la guerre en Ukraine. Anne-Claire Legendre affûte la riposte française face aux campagnes de désinformation russes, et obtient la création, à l'été 2022, d'une sous-direction "veille et stratégie" pour structurer la réponse aux narratifs étrangers.
Principale instigatrice de la reconnaissance d'un Etat palestinien par la France
Cette diplomate est associée à une certaine froideur, selon des témoignages au Quai d'Orsay. Une froideur qui tranche avec le ton de ses conférences de presse, où elle apparait à l'aise sans jamais sortir du cadre imposé. En tant que porte-parole du ministère, Anne-Claire Legendre s'était notamment exprimée sur la situation des ressortissants français emprisonnés en Iran.
En décembre 2023, elle est devenue conseillère Afrique du nord et Moyen-Orient à la cellule diplomatique de l'Elysée, deux mois après les attaques terroristes du 7-Octobre en Israël. La diplomate est alors la principale instigatrice de la reconnaissance d'un Etat palestinien par la France en septembre 2025, selon des sources diplomatiques à l'AFP.
Anne-Claire Legendre s'est également rendue en Algérie et au Liban ces deux dernières années, dans le cadre de négociations souvent difficiles.