Me Pierre-Henri Bovis détaille dans "Eliot Deval et vous", les différentes peines dont pourraient écoper la dizaine d'individus suspectés d'avoir lynché Quentin. Il revient notamment sur un élément central que devra déterminer l'enquête, la volonté, ou non, de donner la mort.
Il a succombé à ses blessures. Samedi soir, le parquet a annoncé la mort de Quentin, jeune homme de 23 ans lynché jeudi en marge d'une conférence de Rima Hassan à Lyon. Depuis, une vidéo diffusée par TF1 est présentée comme celle de l'agression. Les images, filmées depuis un immeuble rue Victor-Lagrange, montrent une dizaine d'individus au visage dissimulé, s'acharnant à coups de pied et de poing sur trois hommes à terre. L'un d'entre eux reste allongé au sol, inanimé, sans qu'il soit possible d'identifier formellement s'il s'agit de Quentin.
Selon l'avocat de la famille, il s'agit d'"un guet-apens mené par des individus organisés, entraînés, en très large surnombre et armés". L'enquête pour violences aggravées a été étendue au chef de coup mortel aggravé.
L'intention de tuer, élément fondamental pour déterminer la peine
Mais alors que risque cette dizaine d'individus ? "L'enquête doit démontrer si, oui ou non, ceux qui ont porté les coups à Quentin ont eu l'intention de le tuer. Cette intention-là est fondamentale pour, derrière, déterminer la qualification pénale", explique dans Eliot Deval et vous Me Pierre-Henri Bovis, avocat pénaliste.
"Est-ce qu'on est sur des coups ayant entraîné la mort, ou est-ce qu'on est vraiment sur une intention de tuer ? Et donc là, on pourrait même parler de préméditation, c'est ce que le parquet sous-entend dans son communiqué, c'est-à-dire un guet-apens qui a été organisé, qui a été pensé, avec un déchaînement de violence, avec l'intention de donner la mort."
Un élément fondamental donc, qui détermine la lourdeur de la peine pour ce "crime". "Si on reste sur des coups et des blessures entraînant la mort sans intention de la donner, on est sur 15 ans, cela peut être porté même à 20 ans si la notion de guet-apens est retenue. Mais maintenant, si on est vraiment sur l'intention préalable d'avoir voulu causer la mort, et donc avec la mort qui a été causée, on porte la peine à 30 ans."