Les États-Unis renforcent leur présence militaire dans le Golfe d'Iran avec le déploiement imminent d’un deuxième porte-avions. En pleine impasse diplomatique sur le nucléaire iranien, Donald Trump hausse le ton et agite la menace d’un nouvel affrontement face à Téhéran.
Donald Trump accentue la pression sur l'Iran. Un deuxième porte-avions américain est en cours de déploiement dans le Golfe. Il rejoindrait une première armada présente dans la région depuis janvier. Avec ce porte-avions, un signal fort est envoyé au régime des mollahs.
Le plus grand porte-avions au monde
Ce navire bientôt déployé, l'USS Gerald R. Ford, est le plus grand porte-avions au monde. Il sera accompagné d'une armada complète. C'est la première fois, en un peu moins d’un an, que la présence militaire américaine sera aussi importante dans la région. Même en juin dernier, au plus fort du conflit entre l'Iran et Israël, le dispositif était moins conséquent.
Cette montée en puissance intervient alors que les discussions entamées fin janvier entre Washington et Téhéran piétinent. Le régime iranien dénonce les demandes excessives des États-Unis sur son programme nucléaire et tente de maintenir son cap malgré les menaces répétées de Donald Trump.
"Il faut passer un accord, sinon ce sera très traumatisant pour l'Iran. Ils auraient dû conclure un accord dès le début, mais ils ont préféré opter pour l'opération 'Marteau de minuit'", a martelé le président américain.
Chercher à l'Institut français d'analyse stratégique, David Rigoulet doute d'un accord : "Il n'est pas certain du tout que ça soit suffisant, parce que les lignes rouges en réalité demeurent inchangées et on ne peut pas exclure que les Iraniens aujourd'hui se résolvent à une option militaire contre eux".
"On ne voit pas très bien comment on pourra aujourd'hui faire l'économie de l'option militaire, tout simplement parce qu'on ne voit pas les Iraniens céder. Et donc, il y a un moment, la décision s'imposera au président américain, même si ce n'est pas son souhait initial", complète ce chercheur.
Le scénario du pire alors que les alliés des Etats-Unis, comme l'Arabie Saoudite, craignent une déstabilisation profonde de la région en cas de conflit avec l'Iran.
Un possible enrichissement d’uranium en Iran ?
"Marteau de minuit", c'est le nom de l’opération américaine qui, en juin dernier, a visé plusieurs sites nucléaires iraniens. Une nouvelle fois, la menace de Donald Trump est à peine voilée : il exige des avancées concrètes dans les négociations. Si celles-ci n'aboutissent pas officiellement pour l'instant, les lignes semblent toutefois bouger doucement.
Selon plusieurs sources diplomatiques, à Téhéran comme à Washington, les deux camps seraient prêts à faire preuve d'une certaine flexibilité, notamment sur la question d'un possible enrichissement d'uranium en Iran, mais sous réserve de limites strictes.