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«Une candidature mal ficelée» : comment expliquer la crise au Comité d'organisation des JO d'hiver Alpes-2030 ?

Le Comité d'organisation français (Cojop) des Jeux olympiques d'hiver Alpes-2030 est secoué par une grave crise interne entre démissions en cascade et pluie de critiques à l'encontre de l'organisation et de sa présidence. Pour plusieurs observateurs, un tel scénario était, hélas, à prévoir.

Deux ans après les JO de Paris, la flamme olympique va de nouveau s’allumer avec un passage de témoin à l’Italie pour les jeux d’hiver. La cérémonie d’ouverture débutera à 20H et se déroulera dans plusieurs sites, dans le stade de San Siro à Milan et à Cortina d’Ampezzo.

Mais cette flamme va revenir dans 4 ans en France. Les prochains jeux d’hiver se dérouleront dans les Alpes en 2030 en région Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur. La France sera-t-elle de nouveau au rendez-vous ? Le comité d’organisation d’Alpes 2030 traverse une grosse période de turbulence et le CIO enjoint les dirigeants français à accélérer. 

Le comité d’organisation d’Alpes 2030 est secoué par une crise interne. Trois dirigeants ont démissionné en l’espace de 2 mois. Le dernier à avoir rendu son tablier, c’est Bertrand Méheut. L’ancien patron de Canal+ présidait le comité des rémunérations. Dans un mail que s’est procuré le journal Le Parisien, Bertrand Méheut estime que la gouvernance d’Alpes 2030 n’est plus correctement contrôlé. Plusieurs journaux évoquent également une dérive dans la gestion des salaires, des notes de frais importantes et usage surprenant des cartes bancaires. Mais le Comité d’organisation dément ces accusations.

"On assiste à la déliquescence" du comité d'organisation

Ces tensions ne surprennent pas Kevin Bernardi. Pour ce spécialiste de l’olympisme, Alpes 2030 est un dossier fragile, lancé trop vite : "C’est une candidature qui a été mal ficelée. L’attribution a été faite sous condition parce qu’il y avait un certain nombre de points qui n’étaient pas réglés. Par la suite, il y a eu le psychodrame avec Martin Fourcade qui était légitime et qui a été empêché par la pression politique régionale et on a fait appel à Edgar Grospiron. Cela été chaotique dès le départ et là on assiste à la déliquescence de ce Comité qui sauf rebond dans les prochaines semaines à l’initiative du CIO va continuer de s’enfoncer dans la crise". 

Les relations entre l’ancien champion olympique de ski acrobatique en 1992 à Albertville et actuel Président d’Alpes 2030 Edgar Grospiron et son directeur général Cyril Linette se seraient tendus ces derniers mois. 

Les deux dirigeants ne seraient pas alignés sur la conduite du projet. La réintégration de Val d’Isère dans la carte des sites olympiques aurait accentué les frictions. Le Président d’Alpes 2030 est en position délicate selon Kevin Bernardi : "On voit un isolement d’Edgar Grospiron. Ce n’est pas une situation qui est confortable sur le long terme pour le Comité d’organisation".

Le CIO recadre Alpes 2030

Le CIO commence d’ailleurs à s’inquiéter. Le président de la commission de coordination du Comité international olympique des Alpes 2030 Pierre-Olivier Beckers demande aux dirigeants français "d’accélérer et travailler en équipe forte et confiante. Le temps est compté, le rythme de livraison doit s’accélérer dans l’ensemble des chantiers". La loi olympique qui vient d’être adoptée offre un peu de répit au Comité d’organisation. Ce texte législatif permet des dérogations temporaires au droit commun en matière d’urbanisme, de logement, de santé, de travail mais aussi de sécurité.