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«Il y a une baisse drastique des ventes» : malus, prix en hausse... Les ventes de voitures neuves continuent de reculer en France

[HENDRIK SCHMIDT / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP]

Les ventes de voitures neuves continuent de reculer en France, avec une chute de 6,5 % en janvier, malgré un record historique pour les véhicules électriques qui atteignent 28 % de parts de marché. Si l’électrique progresse, les modèles haut de gamme, lourdement pénalisés par les malus CO2 et poids, voient leurs ventes s’effondrer, au point de décourager même les acheteurs les plus fortunés.

Record historique pour l’électrique, mais marché automobile en panne. En janvier, les ventes de voitures neuves ont reculé de 6,5 % en France, atteignant leur plus bas niveau depuis quinze ans hors crise sanitaire. 

Dans ce contexte morose, les véhicules électriques tirent leur épingle du jeu, portés par les aides publiques et le leasing social, avec une part de marché inédite de 28 %. 

À l’inverse, les constructeurs haut de gamme comme Porsche ou Audi accusent le coup : l’explosion des malus liés au CO2 et au poids fait s’envoler les prix et freine les achats, y compris chez les automobilistes les plus aisés.

Une lourde fiscalité

Des voitures sportives avec 60.000 ou 70.000 euros de malus. Yoni Dayan en voit passer trop souvent à son goût. La lourde fiscalité française a un impact très concret selon le fondateur du réseau Simplicicar.

"On perd du business en France à cause de ce malus. Aujourd'hui, ce que l'on voit c'est de plus en plus de sociétés européennes, au Luxembourg, en Pologne ou en Roumanie qui sont montées pour immatriculer des véhicules de luxe pour ensuite rouler en France. C'est malheureux qu'on ne puisse pas garder ces clients chez nous. Le malus fait mal à tout le monde", détaille-t-il.

"Il y a une baisse assez drastique des ventes de ce type de véhicules"

Le malus CO2 est plafonné à 80.000 euros. La filière automobile a d'ailleurs dû batailler pour qu'il ne passe pas tout de suite à 90.000 euros. À cela s'ajoute le malus au poids, une spécificité française déplore Aliou Sow, secrétaire général de la Fédération Nationale de l'Automobile.

Il remarque que chez nos voisins européens, le marché est reparti y compris pour le haut de gamme : "Il y a une baisse assez drastique des ventes de ce type de véhicules. Ce sont des véhicules, en général, qui roulent très peu donc leur impact réel est très faible. Au final, l'Etat a perdu beaucoup des recettes fiscales sur ces segments et donc on se demande quelle est la cohérence de toutes ces politiques."

Une refonte totale du dispositif demandent les professionnels

La FNA estime que pour l'Etat, le manque à gagner global de la baisse des ventes est d'environ 4 milliards d'euros par an.

Les professionnels du secteur demandent une refonte totale du dispositif, tout en soulignant que l'effet sur le CO2 n'est pas significatif puisque les Français gardent leurs vieilles voitures plus longtemps.