L'association 40 millions d'automobilistes réclame le retrait d'un radar de chantier installé porte de Montreuil sur le périphérique parisien, réglé à 30 km/h. Selon ses relevés, 18 véhicules seraient flashés en quatre minutes, un rythme qui pourrait rapporter jusqu'à 752.516 euros par jour à l'État.
Un radar de chantier installé au niveau de la porte de Montreuil, sur le périphérique parisien, suscite la colère de l'association 40 millions d'automobilistes, qui réclame son retrait et l'annulation de tous les procès-verbaux émis depuis sa mise en service.
"40 millions d’automobilistes" demande à la Sécurité routière :
• Le retrait de ce radar ;
• L’annulation de l’ensemble des PV dressés depuis sa mise en service. https://t.co/BJ0iVyP6Vt— 40 millions d'automobilistes (@40MA) September 3, 2026
L'appareil, installé depuis le lundi 24 août, flashe les véhicules sur le périphérique extérieur, à la sortie du tunnel situé sous le rond-point de la porte de Montreuil, dont le chantier de restructuration a débuté depuis quelques mois.
Ce boîtier autonome, dissimulé derrière une palissade en tôle, est réglé pour sanctionner les véhicules dès qu'ils dépassent les 30 km/h, la vitesse imposée par les travaux dans ce secteur, contre 50 km/h sur le reste de l'anneau parisien. "Il flashe à 30 km/h depuis le 24 août pour sécuriser les travaux de réaménagement prévus jusqu'en 2030", précise l'association dans une vidéo mise en ligne cette semaine, dénonçant "une limitation de vitesse abusive" qui "ne sauve aucune vie".
"18 flashs en quatre minutes" selon l'association
L'association affirme avoir recensé 18 véhicules flashés en seulement 4 minutes et 39 secondes d'observation sur place. "On s'est rendu compte qu'il y avait un problème : 18 flashs mesurés en quatre minutes. Si on prend cette proportion ramenée à l'année, c'est un radar qui rapporterait 250 millions d'euros à l'État par an. On est dans le cadre d'un radar purement pompe-à-fric. Ce radar n'est pas là pour la sécurité", a déploré sur TF1 Pierre Chasseray, délégué général de 40 millions d'automobilistes. Sur la base d'une amende de 135 euros, l'association estime que le dispositif pourrait rapporter jusqu'à 752.516 euros par jour à l'État.
"Nous sommes dans le cas d'un radar ressenti comme un véritable piège. Comment faire avaler aux automobilistes que c'est pour leur sécurité ?", a également réagi Pierre Chasseray, jugeant qu'"il n'y a vraiment aucun danger à circuler à 34 km/h, vitesse à laquelle les gens sont flashés". Le porte-parole exige le retrait immédiat du radar ainsi que le remboursement des automobilistes verbalisés.
Des sanctions qui peuvent grimper vite
Techniquement, l'appareil se déclenche dès 36 km/h en vitesse réelle, une fois appliquée la marge réglementaire de 5 km/h, pour une vitesse retenue de 31 km/h. Entre 31 et 34 km/h retenus, la sanction reste une amende de 135 euros (90 euros minorée), sans retrait de point, grâce à la mesure d'assouplissement en vigueur depuis 2024.
Mais dès 35 km/h retenus, soit l'équivalent d'un passage à la vitesse habituelle de 50 km/h ailleurs sur le périphérique, un point est automatiquement retiré du permis, en plus de l'amende. Le barème s'alourdit ensuite progressivement, jusqu'à un retrait de six points, une rétention immédiate du permis et une amende pouvant atteindre 1.500 euros au-delà de 80 km/h retenus.
Un chantier qui s'étend jusqu'en 2030
Le radar s'inscrit dans le cadre du réaménagement de la porte de Montreuil engagé par la Ville de Paris, dont une première phase de travaux de voirie doit se poursuivre jusqu'en juin 2027, avant des aménagements complémentaires prévus jusqu'en 2030.
"La Déléguée interministérielle à la Sécurité routière doit aller constater ce que nous avons vu sur place : des automobilistes qui roulent prudemment, mais qui se font flasher quand même, puisque la vitesse a été abaissée de façon drastique", souligne l'association sur X, qui réclame également "le retrait de ce radar" ainsi que "l'annulation de l'ensemble des PV dressés depuis sa mise en service".