En riposte à la décision de l’Union européenne de classer les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste, l’Iran a annoncé considérer les armées européennes comme des "groupes terroristes". Une déclaration forte, aux conséquences encore incertaines.
La riposte de Téhéran. L'Iran considère comme "groupes terroristes" les armées européennes, a déclaré dimanche le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, après la décision de l'Union européenne (UE) de désigner les Gardiens de la Révolution comme "organisation terroriste".
L'Iran sous pression internationale
Depuis cette vague de manifestations, qui a fait des milliers de morts, le pays est sous pression internationale. Et les Etats-Unis multiplient les menaces d'intervention militaire même si ces dernières heures, les deux parties ont semblé privilégier la voie diplomatique.
"Conformément à l'article 7 de la loi sur les contre-mesures portant sur la désignation du Corps des Gardiens de la Révolution islamique comme organisation terroriste, les armées des pays européens sont considérées comme groupes terroristes", a déclaré le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.
Selon des images retransmises par la télévision d'Etat, il était vêtu comme les députés d'un uniforme des Gardiens, en signe de solidarité et de défiance.
"Honte à l'Europe"
"Mort à l'Amérique !", "Mort à Israël !", "Honte à l'Europe", ont scandé les élus dans l'hémicycle, jour du 47e anniversaire du retour d'exil en Iran de l'imam Khomeini, père fondateur de la République islamique.
Les "Pasdaran" ("gardiens" en persan), créés en 1979 par le guide suprême peu après la Révolution islamique, sont considérés comme l'armée idéologique du pouvoir. Extrêmement organisée, cette force contrôle des pans entiers de l'économie iranienne.
Les conséquences immédiates de cette annonce, qui apparaît surtout symbolique, n'étaient pas claires dans l'immédiat. Cette loi avait été adoptée en 2019 en réaction à des mesures de Washington.
En prenant cette décision jeudi, l'Union européenne s'aligne sur la position des Etats-Unis, du Canada et de l'Australie, qui l'avaient déjà classé comme organisation terroriste respectivement en 2019, 2024 et 2025.