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Moyen-Orient : le détroit d'Ormuz, un objectif de guerre prioritaire pour les États-Unis, comme pour l'Iran

Alors que le conflit reprend de la vigueur au Moyen-Orient, l'Iran et les États-Unis cherchent à tout prix à contrôler le détroit d'Ormuz. Téhéran souhaite toujours bloquer le passage et étendre les conséquences de la guerre à l'économie mondiale, tandis que Washington veut éviter une flambée du baril de pétrole.

Le conflit au Moyen-Orient reprend de la vigueur. Ces derniers jours, les États-Unis ont mené plusieurs bombardements sur le territoire iranien. En représailles, plusieurs bases militaires américaines situées dans les pays du golfe ont été visées par Téhéran.

Une reprise de la guerre qui paralyse à nouveau le détroit d'Ormuz, où circulait avant le début du conflit près de 20% du pétrole mondial. Désormais, le passage de cette zone de circulation maritime s'impose comme l'objectif prioritaire de cette guerre. 

En bloquant le détroit dès le début de la guerre, Téhéran a globalisé les conséquences économiques du conflit, faisant grimper en flèche les prix du pétrole, du gaz. Cette arme économique est aussi sécuritaire et le régime iranien entend bien en garder le contrôle pour imposer ses règles dans la région.

Un levier que Téhéran est en train de perdre ?

"C'est une garantie de sécurité de pouvoir contrôler les entrées et les sorties dans le golfe Persique", détaille le géographe Sylvain Domergue, enseignant à Sciences Po Bordeaux. "Surtout, ça voudrait dire que finalement l'Iran serait dans une situation de domination, d'hégémonie vis-à-vis de Bahreïn, de l'Irak, de l'Arabie Saoudite, du Qatar", poursuit-il au micro d'Europe 1. 

Reste que Téhéran est en train de perdre une partie de son levier, incapable d'interrompre totalement le trafic maritime dans le détroit. Washington sécurise depuis des semaines le passage de navires pétroliers parvenant ainsi pour l'instant à garder le contrôle des prix du baril.

La stratégie américaine repose sur une guerre d'usure, des sanctions pour étouffer l'économie iranienne et des frappes ciblées dans la région du détroit. Enfin, pour Donald Trump, l'enjeu du contrôle d'Ormuz est aussi très politique, à deux mois des élections de mi-mandat aux États-Unis.