Au troisième jour du procès en appel de l'assassinat de Samuel Paty, l'audience a été marquée de manière indélébile par les graves propos de l'un des avocats de la défense en début de semaine.
L'ambiance est restée lourde à la Cour d'assises d'appel spéciale de Paris, au troisième jour du procès en appel de l'assassinat de Samuel Paty. L'audience était particulièrement marquée par les graves propos de l'un des avocats de la défense. En début de semaine, Maitre Vuillemin affirmait que le professeur tué par des terroriste en 2020 s'était rendu coupable de discrimination à l'encontre des élèves musulmans.
Cet avocat a pour client Abdelhakim Sefrioui, l'un des deux chefs d'orchestre de la campagne de harcèlement en ligne qui a débouché sur l'attentat terroriste. Deux accusés déjà bien connus de la justice avant les faits.
Des accusés bien connus de la justice
Au premier rang se tient Brahim Chnina, le père de la collégienne qui a menti en accusant Samuel Paty d'avoir critiqué Mahomet en cours. Le dos courbé, le vieil homme apparaît inoffensif. Pourtant, ce Marocain qui a grandi en Algérie, est loin d'être un enfant de chœur.
Du haut de son perchoir, la président lit à haute voix son pédigrée judiciaire. Huit mois de prison ferme dans les années 2000 pour trafic de stupéfiants, deux condamnations pour menaces de mort. L'une prononcée sur une contrôleuse SNCF, proférant "tu n'es qu'une femme juste bonne à se reproduire, je te retrouverai".
Un militantisme islamiste parmi les plus radicaux qui soient
A ses côtés dans le box, est assis Abdelhakim Sefrioui, le prédicateur islamiste. Fondateur du collectif Cheikh-Yassine, du nom du fondateur du Hamas qui entendait supprimer Israël de la carte du monde et éradiquer les juifs.
Pour Maitre Thibault de Montbrial, avocat de Mickaëlle Paty, "le passé de cet accusé ne fait pas de doute, il a joué un rôle dans l'attentat de Samuel Paty. Il a beau dire qu'il n'a jamais participé à des actes de violence, tout son parcours tourne autour d'un militantisme islamiste parmi les plus radicaux qui soient".
L'audience doit se poursuivre dans la soirée de ce mercredi, avec l'audition de la fille Abdelhakim Sefrioui et le passage de plusieurs témoins à la barre.