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«Il discriminait les musulmans» : au premier jour du procès en appel de l'assassinat de Samuel Paty, la défense face à la polémique

[Benoit PEYRUCQ / AFP]

Le procès en appel de l'affaire de l'assassinat de Samuel Paty s'est ouvert ce lundi. Quatre personnes vont être rejugées, lors de séances qui s'annoncent sous haute-tension. Dès la première journée, les propos d'un des avocats d’Abdelhakim Sefrioui ont déclenché la polémique.

Cinq ans après l'assassinat de Samuel Paty, un nouveau procès s'est ouvert ce lundi. Quatre accusés sont rejugés en appel : deux amis d'enfance de Abdoullakh Anzorov, Tchétchène radicalisé qui a tué le professeur d'histoire-géographie, poursuivis pour complicité d’assassinat terroriste et deux autres hommes poursuivis pour association de malfaiteurs terroriste après avoir lancé une campagne de harcèlement à l’encontre de l'enseignant. 

Mais cette première journée d'audience a été marquée par les propos virulents tenus à l’entrée de la salle d’audience, devant Mickaelle Paty, sœur de l’enseignant égorgé. Maître Vuillemin, avocat d’Abdelhakim Sefrioui, prédicateur islamiste à l’origine de la campagne de harcèlement visant le professeur, s’en est pris vertement à Samuel Paty.

Des propos "indécents"

"Samuel Paty procédait à la discrimination des musulmans. C’est-à-dire qu’après avoir montré un certain nombre de caricatures devant les élèves, toutes étaient ciblées sur Mahomet et l’Islam d’ailleurs, il en présentait une quatrième parfaitement obscène, aux limites de la pornographie. Il y a un tabou, mais moi je vais le dire, haut et fort, et je ne vais pas attendre de plaider", insiste-t-il face aux journalistes. 

Selon l'avocat, Samuel Paty n’aurait pas été décapité si l’Éducation nationale l’avait suspendu à temps. Une défense et des propos consternants qui font dire maître Virginie Leroy, avocate de Gael Paty, autre sœur du professeur d’histoire géographie, que les débats vont être houleux dans les prochains jours. 

Des débats houleux

"Ça va être tendu parce que c’est indécent. Il faut encore, en plus du reste, salir Samuel Paty sur un argument qui n’a aucune incidence sur les faits et sur les qualifications donc qui est simplement gratuit. Je trouve ça purement et simplement indécent", regrette-t-elle devant les journalistes. 

Les accusés prendront une première fois la parole ce mardi matin et seront interrogés sur leurs parcours personnels, dans une ambiance électrique.