À l’ère du tout numérique, nos téléphones portables sont devenus les coffres-forts de nos vies les plus intimes. Invitée de "Culture Médias", Delphine de Vigan présente son nouveau roman "Je suis Romane Monnier" aux éditions Gallimard et questionne la mémoire numérique, les traces laissées après la mort et la place de l’intime dans un monde saturé d’informations.
Une plongée dans la mémoire des écrans. Invitée de l’émission Culture Médias, Delphine de Vigan est venue présenter son nouveau roman, Je suis Romane Monnier, disponible aux éditions Gallimard. Au micro d’Europe 1, l’écrivaine s’est longuement confiée sur l’un des thèmes centraux de son livre : la place du téléphone portable dans nos vies et la manière dont l’intime s’y trouve paradoxalement dilué.
Une "utilisation intensive" du téléphone
"On a tous cette utilisation du téléphone qui est très intensive", observe-t-elle, soulignant que nos smartphones renferment aujourd’hui nos échanges les plus personnels, conversations avec les proches, messages vocaux, notes intimes, tout en les mêlant à une masse d’informations souvent "triviales" ou professionnelles. "Le plus intime est noyé dans une masse de données", résume-t-elle, s’interrogeant sur ce qu’il restera réellement de ces traces numériques que nous laissons partout derrière nous.
"Est-ce qu’on s’autorise à regarder dans le téléphone de quelqu’un qui est mort ?", questionne Delphine de Vigan, évoquant ce "secret" moderne que représente désormais un smartphone. Elle confie n’avoir jamais été confrontée à ce dilemme personnellement, rappelant que lorsque sa mère est décédée, son téléphone de première génération ne contenait que peu de données.
Dans Je suis Romane Monnier, l’héroïne a 29 ans, un âge proche de celui de la fille de l’autrice. "J’ai interrogé mes enfants, mon fils de 27 ans et ma fille de 30 ans", précise-t-elle, avant d’élargir ses recherches à trois jeunes femmes afin de mieux comprendre la diversité des usages. "Ce sont vraiment les traces numériques qui m’intéressaient", explique l’autrice.