La justice reconnaît pour la première fois un lien direct entre les troubles anxieux d’une habitante de la Somme et la proximité d’un parc éolien installé près de chez elle. Une décision historique qui ouvre la voie à la reconnaissance du préjudice des riverains affectés par ces installations.
C’est une décision inédite en France. La justice a reconnu un lien direct entre les troubles anxieux d’une habitante de la Somme et la proximité d’un parc éolien installé près de son domicile. Une avancée majeure pour les riverains qui dénoncent depuis des années les effets de ces installations sur leur bien-être.
Tout commence en 2009. Douze éoliennes sont installées à seulement 750 mètres de la maison de cette habitante de la Somme. Trois mois plus tard, son état de santé se dégrade. Elle souffre de vertiges, d’acouphènes et de troubles du sommeil. Des symptômes qu’elle attribue aux infrasons émis par les éoliennes, mais aussi aux lumières clignotantes des mâts.
"Une angoisse permanente"
Très vite, une anxiété constante s’installe. "Quels sont les risques qu’elle encourt à cause de ces engins à côté de chez elle ?", explique son avocat, Me Philippe Bodereau. À cette inquiétude sanitaire s’ajoute une autre crainte : "Celle de ne pas pouvoir, plus tard, vendre sa maison à son juste prix".
Pour établir le lien entre cette anxiété et la présence du parc éolien, l’avocat demande une expertise neurologique. Le rapport fait état de céphalées apparaissant lors du fonctionnement des éoliennes.
Une décision historique pour les riverains
Après plusieurs années de combat judiciaire, la justice tranche. Elle reconnaît les éoliennes comme la cause directe du stress et des troubles anxieux de la plaignante. Une décision qualifiée d’"avancée considérable" par son avocat. "Elle permet désormais aux justiciables inquiets après l’installation d’éoliennes près de chez eux de faire reconnaître un préjudice, une angoisse liée à l’incertitude sur les effets de ces installations", explique-t-il.
Malgré cette décision, le parc éolien restera en place. Épuisée et excédée, l’habitante ne dort plus dans sa maison. Elle a choisi de s’installer dans un gîte lui appartenant, à distance des éoliennes.