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Colère agricole : à Nice, les agriculteurs poursuivent la mobilisation contre le Mercosur

La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) des Alpes-Maritimes a lancé un appel à la mobilisation à Nice pour ce jeudi 22 janvier.
La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) des Alpes-Maritimes a lancé un appel à la mobilisation à Nice pour ce jeudi 22 janvier. [Roland Macri / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) des Alpes-Maritimes a lancé un appel à la mobilisation à Nice pour ce jeudi 22 janvier, une opération escargot et des barrages filtrants sont prévus.

La saisine de la justice sur l'accord avec le Mercosur suspend son examen au Parlement européen pour environ 18 mois. Mais elle n'empêche pas une application provisoire du traité dans l'intervalle, si la Commission européenne le décide.

Cette décision satisfait les syndicats mais le chemin reste encore long. À Nice, les agriculteurs continuent de se mobiliser. Les agriculteurs, présents à l'appel de la FDSEA des Alpes-Maritimes, sont loin de penser qu'ils sont à l'abri après le vote de Strasbourg.

"On joue notre survie"

Avec leur tracteur et autres véhicules, les agriculteurs organisent une opération escargot afin d'alerter sur les dangers qu'ils encourent.

"C'est uniquement temporaire. La commission peut légalement le mettre en œuvre quand même de façon provisoire. Donc en fait, on n'est pas plus rassuré que ça, non ? On restera forcément mobilisés car on joue notre survie et l'alimentation des Français. J'espère que les gens s'en rendent compte", explique Frédéric, un berger, membre de la FDSEA.

Et de prévenir : "En France, on a la chance d'avoir une alimentation saine et de qualité. On est au bout du bout. Dans les dix ans qui viennent, soit l'agriculture survit, soit elle disparait".

Après avoir rencontré le maire de Nice, Christian Estrosi, les agriculteurs se dirigent vers différents organes politiques de la ville comme le Département, avec pour but de les sensibiliser. "Nous sommes plus de 800 dans le département. Il faut relever tout ça. Chaque année, on perd du monde", développe un Julien Villon, représentant des éleveurs bovins des Alpes-Maritimes.

"Au-delà du Mercosur, il y a plein de problèmes. Il y a des contraintes administratives qui sont lourdes. Le soir on rentre, il faut encore se mettre deux heures sur l'ordinateur, et après le foncier c'est pareil", déplore-t-il.

"Quand vous voyez que l'hectare sur la plaine du Var est à 1 million d'euros, comment voulez-vous qu'on puisse faire l'acquisition d'un terrain ? Si ce ne sont pas les collectivités qui font l'acquisition de terrain pour les mettre à disposition de jeunes agriculteurs, ce n'est pas faisable", pointe Gilbert Daissemin, maraîcher et oléiculteur, membre de la FDSEA des Alpes-Maritimes.