Les Iraniens qui ont pris part aux manifestations ont jusqu'à ce jeudi pour se rendre à la police et bénéficier d'une soi-disant "justice clémente". Un ultimatum lancé par le régime des mollahs à ceux qu'ils qualifient d'"émeutiers". Après ce que l'ONG Iran Human rights désigne comme l'un "des plus grands massacres de manifestants de notre époque" dans les rues. C'est désormais dans les prisons que les meurtres se poursuivent.
Entre 3.000 et 20.000 personnes ont été arrêtées selon les estimations après les manifestations en Iran. Ce chiffre devrait augmenter puisque la traque menée par le régime des mollahs a commencé, témoigne Ehsa, Iranien exilé à Paris en contact avec une amie à Téhéran.
"Elle m'a écrit : 'Oui, j'ai reçu un SMS qui disait que j'étais identifiée dans les manifestations et que je devais me présenter'. Après, j'ai appris que beaucoup de monde avait reçu la même chose, même les gens qui n'avaient même pas manifesté".
"Les procès sont bâclés, parfois sont tenus en l'espace de quelques minutes"
Le porte-parole de la justice iranienne affirme que les procès rapides vont commencer par ces actes passibles de la peine de mort. Mais les procès équitables n'existent pas pour les opposants, rappelle Emmanuel Razavi, grand reporter et spécialiste de l'Iran.
"Les procès sont bâclés, parfois sont tenus en l'espace de quelques minutes et les sentences, les condamnations prononcées dans la foulée, on les exécute. On sait pertinemment qu'ils massacrent les gens lorsqu'ils les arrêtent, qu'ils les mettent en prison, ils sont torturés, violés, battus à mort. Et quand ils ne meurent pas des suites de leurs coups, on les pend".
Selon les chiffres de l'ONU, au moins 1.500 personnes ont été exécutées l'année dernière par le régime des mollahs.