Ce samedi 17 janvier 2026, des manifestations ont été organisées dans plusieurs villes de France, à l'appel de plusieurs associations et collectifs pour montrer leur solidarité avec le peuple iranien et dénoncer l’oppression du régime en place et la répression qui a fait des milliers de morts. À Lyon, réfugiés politiques, associations et citoyens appellent à la fin du régime des mollahs et à une aide internationale pour soutenir le mouvement populaire.
À Lyon, une manifestation de soutien au peuple iranien s'est déroulée ce samedi 17 janvier 2026 afin de dénoncer la répression, qui a déjà fait des milliers de morts selon des ONG. Des rassemblements ont eu lieu partout en France pour exprimer leur solidarité envers ce peuple, qui souhaite changer de régime.
Pour rappel, les mollahs dirigent le pays depuis 1979. Des associations et des collectifs appellent à des mobilisations, comme celle de Lyon. Ces manifestants dénoncent l'oppression exercée par le régime.
Des centaines de manifestants à Lyon
Des centaines de manifestants brandissent des drapeaux iraniens pour faire entendre la voix de leur peuple. Dans la foule, un réfugié politique à Lyon n'a pu parler que quelques minutes avec un membre de sa famille, car le réseau internet est revenu très lentement sur le territoire iranien ce samedi 17 janvier, selon l’ONG de surveillance de la cybersécurité NetBlocks, après une coupure imposée par les autorités depuis le 8 janvier.
Il a appris le décès de son cousin, survenu quelques jours plus tôt. "Il était dans la foule, près de son domicile, avec son père, en train de manifester. Ils ont braqué un projecteur sur lui, et ils l’ont tué avec un fusil. Ils ont mis des policiers partout, il n’y a plus aucune manifestation", raconte-t-il, très ému.
Un de ses amis lui a expliqué que le nombre de morts dépasse largement 20 000 personnes. "Ils ont tiré en rafale dans la foule", lui a-t-il dit. Yassi, 47 ans, installée à Lyon, a aussi réussi à joindre son mari en Iran vendredi soir, une minute seulement. Depuis le début des manifestations, leurs échanges se comptent en quelques minutes à peine.
"Sa voix tremble quand il me raconte la réalité en Iran. C’est très dur de savoir qu’il vit dans la peur. Il ne me dit jamais comment il va, seulement que c’est dangereux. Les personnes qui s’enferment et qui se cachent, la police va quand même les chercher et les tuer", rapporte-t-elle.
Parler au téléphone reste dangereux. Leurs proches prennent des risques à chaque appel, car "les lignes sont sur écoute. Quand on demande ce qui se passe, on nous répond : 'On ne peut rien vous dire'", poursuit le réfugié politique. Sa famille, encore sur place, s’est mobilisée dans la rue à l’appel de Reza Pahlavi. "Les policiers procèdent à des fouilles corporelles, contrôlent les téléphones et les messages, pour savoir s’ils ont des armes ou s’ils comptent continuer à manifester", ajoute Yassi.
Patricia, 22 ans, est sans nouvelles de son oncle en Iran depuis le début des manifestations. Elle est venue manifester pour porter la voix de ceux restés sur place. "On doit être la voix de l’Iran, parce que là-bas, personne ne peut parler. Ici, en France, on a la liberté de s’exprimer, de manifester, de montrer ce qui se passe vraiment en Iran", affirme-t-elle avec force.
"Si rien n’aboutit, la répression sera encore plus sanglante"
Depuis la France, la diaspora s’accroche à ce qui lui reste : l’espoir que cette contestation sanglante aboutira à la chute du régime des mollahs. "J’y crois, à ce changement. Au fond de moi, j’espère énormément", confie Patricia, Française née de parents iraniens.
Pour Ali, 54 ans, réfugié à Lyon depuis 1984, cette chute ne pourra se faire sans une intervention internationale. "Si rien n’aboutit, la répression sera encore plus sanglante que les fois précédentes. À chaque fois, on a un petit espoir que le régime tombe, et à chaque fois, rien ne change ; le régime se renforce. Là, on n’a pas le choix. Il faut une aide extérieure, quelle qu’elle soit", explique-t-il.
Sur la place Bellecour, le nom de Reza Pahlavi, le fils de l’ancien chah d’Iran, est repris en chœur par une majorité des manifestants rencontrés, considéré comme la seule figure politique à pouvoir reprendre le pouvoir. D’autres préfèrent ne pas se prononcer. "L’important, c’est de rester unis pour reconstruire le pays", conclut Ali.
Une aide extérieure des États-Unis ?
Une aide extérieure pourrait peut-être venir des États-Unis, même si Donald Trump, pour l’instant, s’y refuse. Tandis que le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a accusé ce samedi le président américain d'être "coupable des victimes" lors des récentes manifestations.
Il a estimé que les autorités devaient "briser le dos des séditieux", qu'il a accusés d'avoir tué des "milliers de personnes" dans cette vague de contestation.