Deuxième jour d'audition pour Marine Le Pen au procès en appel des assistants parlementaires du Front National. La cheffe de file des députés RN est entendue sur le cas de plusieurs assistants parlementaires payés par le Parlement européen, mais soupçonnés d'avoir en réalité travaillé pour le parti. Face à la présidente de la Cour d'appel, la prévenue tient sa ligne : elle plaide la bonne foi tout en concédant quelques négligences.
Le profil de Catherine Griset dans le viseur
Marine Le Pen ne cède pas sur le fond. Elle conteste formellement avoir organisé un système pour financer le Front National de l'époque avec l'argent du Parlement européen. Le face-à-face avec la présidente est alors intense. La magistrate passe en revue le cas de plusieurs profils, dont celui de Catherine Griset, assistante historique de Marine Le Pen, d'abord au parti, puis au Parlement européen.
"Lorsqu'elle devient votre assistante parlementaire, qui la remplace au sein du parti ?", interroge, faussement innocente, la présidente. "J'avais tout un cabinet à ma disposition", se défend Marine Le Pen, qui insiste à nouveau sur la zone grise dans laquelle se trouvent, selon elle, les assistants parlementaires.
"Quand Catherine Griset prend mes rendez-vous au téléphone, elle ne demande pas au préalable si c'est pour la présidente de parti ou pour l'eurodéputée", plaide la cheffe de file des députés RN. Mais cette dernière a concédé quelques négligences.
"Peut-être que oui, Catherine Griset a déjà pris un jour des billets d'avion pour Marine Le Pen, présidente de parti", confesse la principale prévenue, qui résiste tant bien que mal aux assauts cliniques de la présidente. Le tout au cours d'une audience qui ressemble à s'y méprendre à sa comparution en première instance.