Le traité UE-Mercosur cristallise la crise agricole, avec un vote au Parlement européen le 21 janvier et une manifestation à Bruxelles la veille. En France, les blocages se lèvent après 72 heures. Les agriculteurs saluent la solidarité mais menacent de reprendre des actions sans réponses.
Le traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur continue d'alimenter la crise agricole. Un vote sur une saisine de la justice, visant à contester la légalité de l'accord, est prévu le 21 janvier au Parlement européen. La veille, les syndicats agricoles annoncent une large manifestation à Bruxelles pour maintenir la pression.
En France, la mobilisation s'essouffle progressivement. Ce mercredi 14 janvier, seuls quelques barrages subsistent. La plupart ont été levés, à l'image de celui de l'autoroute A1 à hauteur de Fresnes-lès-Montauban, dans le Pas-de-Calais. Après trois jours d'actions, de nombreux agriculteurs ont regagné leurs exploitations.
Une mobilisation éprouvante mais solidaire
De retour dans sa ferme, Olivier Roisin, éleveur mobilisé sur l'A1, témoigne au micro d'Europe 1. "Ça fait du bien quand même quand ça s'arrête parce que ça reste quand même des journées éprouvantes. On ne peut pas être comme ça sur le barrage H24".
Ce qu'il retient surtout, c'est la solidarité reçue durant le blocage. "On a reçu des denrées alimentaires. Des gens sont venus nous apporter des cafetières complètes en disant 'C’est bien les gars, continuez', avec ce message fort : 'sans vous, il n'y a rien dans notre assiette'".
Encouragé par ce soutien, l'éleveur reste déterminé. "Quand on entend ça, on se dit 'tout n’est pas perdu'. On a réussi à toucher les gens".
Pour autant, la suite dépendra des réponses politiques. "Il faut désormais être entendu. Maintenant, c’est au gouvernement de travailler. S'il n’y a rien de fait, on reviendra avec d'autres actions plus fortes", prévient-il, prêt à quitter à nouveau sa ferme si nécessaire.