En 2025, il y a eu plus de décès que de naissances en France. Ce constat réalisé par l'Insee est inédit depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il est en grande partie expliqué par la baisse continue du nombre de naissances ces dernières années : avec 645.000 bébés, l'année 2025 a enregistré le plus faible nombre de naissances sur un an depuis la fin du conflit mondial.
Une baisse pour la quatrième année consécutive
"Depuis 2010, ça décline, et le déclin a augmenté sérieusement ces dernières années", souligne le sociologue Serge Guérin, invité dans l'émission Pascal Praud et vous. Ce chiffre diminue effectivement pour la quatrième année consécutive en France, pays où le taux de natalité a toujours été parmi les plus élevés du continent européen. Selon lui, plusieurs raisons expliquent cette tendance.
"La première est sans doute anthropologique : on a longtemps fait des enfants parce qu'on ne savait pas comment ne pas en faire. Deuxièmement, plus de la moitié (des bébés) disparaissaient la première année, donc les gens savaient qu'il fallait en faire beaucoup. Et troisièmement, il y en avait besoin pour travailler, et parfois pour faire la guerre", expose-t-il sur Europe 1, soulignant que l'époque actuelle avait totalement changé les habitudes avec les différents progrès réalisés.
Évolution des mœurs
Le sociologue Serge Guérin évoque également l'évolution des mœurs, à l'image de ce qui se passe dans d'autres pays. "Il y a le mouvement 'No Kids', le côté économique - un gosse, ça coûte cher -, le côté responsabilité - c'est compliqué un gamin -. D'ailleurs, des jeunes aujourd'hui se disent 'qu'est-ce que j'ai été embêtant avec mes parents'", relate Serge Guérin.
Le sociologue parle enfin d'un "individualisme", avec des personnes qui veulent d'abord "profiter de la vie". "Plein de gens ne se préoccupent pas de l'avenir et ont une vision à court terme", appuie Serge Guérin.