C'est une première depuis 1944. La France a comptabilisé en 2025 davantage de décès que de naissances. Le solde naturel de la population est devenu négatif pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et s'affiche à -6.000 personnes, selon des chiffres communiqués par l'Insee.
L'an dernier, 651.000 personnes sont mortes dans le pays, soit une hausse de 1,5% par rapport à 2024. En parallèle, 645.000 bébés ont vu le jour, en recul de 2,1% par rapport à l'année précédente. C'est le plus faible nombre depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale pour la quatrième année consécutive.
Diminution "rapide" des naissances
"Ce qui frappe, c'est à quel point, en quelques années, le solde naturel a diminué en raison de la diminution rapide des naissances", analyse Sylvie Le Minez, cheffe de l'unité des études démographiques et sociales de l'Insee. En 2015, ce solde était encore de +200.000 personnes.
La baisse des naissances est due au repli de la fécondité : l'indicateur conjoncturel (ICF) s'est établi à 1,56 enfant par femme en 2025, après 1,61 en 2024. C'est le plus faible niveau depuis la fin de la Première Guerre mondiale. En 2010, celui-ci s'élevait à 2,02 enfants par femme en France métropolitaine.
69,1 millions d'habitants en France au 1er janvier 2026
La population française a légèrement progressé en 2025 (+0,25%), malgré toutes ces tendances, en raison du solde migratoire positif, qui se calcule par la différence entre le nombre de personnes entrées et sorties du territoire. Au total, la France compte 176.000 personnes en plus.
Ainsi au 1er janvier 2026, le pays dénombre 69,1 millions d'habitants, dont 2,3 millions dans les départements d'outre-mer. Le solde naturel a lui contribué à faire baisser la population de 0,01%.
Comment expliquer également la hausse des décès ? Pour l'Insee, cela s'explique notamment par l'épidémie de grippe hivernale, "particulièrement virulente en janvier". Cela s'inscrit aussi dans une tendance haussière de moyen terme : le nombre de décès a tendance à augmenter avec l'arrivée des générations nombreuses du baby-boom à des âges de forte mortalité.