À quatre jours de la signature de l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur, la colère des agriculteurs ne faiblit pas. Les actions se poursuivent à travers la France, comme ce mardi 13 janvier, à Paris. Ce sont une quinzaine de tracteurs qui sont entrés dans la capitale, au niveau des Champs-Elysées.
Le monde agricole encore mobilisé. Après plusieurs actions à travers la France lundi, des dizaines de tracteurs sont arrivés à Paris, aux alentours de 6 heures. Ils protestent contre l'adoption du traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur, qui doit être signé ce samedi.
Les principales informations :
- Les agriculteurs ont manifesté ce mardi 13 janvier dans Paris
- Ils sont entrés aux alentours de 6 heures par la Porte Dauphine, ont descendu les Champs-Elysées, avant de traverser la rive vers l'Assemblée nationale
- Au moins 250 tracteurs sont positionnés sur le quai d'Orsay, près de l'Assemblée nationale, sur les 350 comptabilisés dans la capitale
- Les agriculteurs ont accepté de lever le barrage emblématique de l'A64
- Les agriculteurs de la FNSEA ont annoncé rester "pour la nuit" devant l'Assemblée nationale après y avoir passé la journée de mardi pour réclamer davantage de soutien au secteur et malgré les nouvelles annonces du gouvernement
Une simplification des règles sur les nitrates
"Je suis prêt à demander à la Commission européenne de faire évoluer le cadre existant, en prenant en compte l’agronomie et le bon sens. En attendant, avant le salon de l’agriculture, les préfets concernés et leurs services seront réunis afin qu’ils puissent mobiliser pleinement, en concertation avec les chambres d’agriculture départementales, les possibilités de dérogation", a déclaré Sébastien Lecornu sur X.
Sébastien Lecornu promet un projet de loi d'urgence qui sera présenté en mars
"Comme je l’avais écrit dans ma lettre aux agriculteurs, la souveraineté agricole ne peut pas n’être qu’un slogan. C’est une responsabilité nationale. Et elle appelle des décisions et des actes", a écrit le Premier ministre sur X.
Le Premier ministre annonce quatre mesures fortes
Comme je l’avais écrit dans ma lettre aux agriculteurs, la souveraineté agricole ne peut pas n’être qu’un slogan. C’est une responsabilité nationale. Et elle appelle des décisions et des actes.
Les mobilisations d’aujourd’hui expriment une demande de bon sens : trop de règles…— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) January 13, 2026
"On est peut-être au début d'un changement", assure le vice-président de la FNSEA
Le vice-président de la FNSEA Luc Smessaert est revenu au micro d'Europe 1 sur les annonces de Sébastien Lecornu : "On reste très vigilant par rapport à ces annonces, on a besoin certainement de plus de précision, de concret. En tout cas on voit aussi qu'en bougeant, en mettant ce rapport de force à Paris, le Premier ministre commence à comprendre qu'on ne peut pas simplement faire des belles lettres. On a besoin de ramener des choses très concrètes dans nos corps de ferme. On est peut-être au début d'un changement, quelque chose qui va enfin parler aux agriculteurs.
Les agriculteurs de la FNSEA ont annoncé rester "pour la nuit" devant l'Assemblée nationale après y avoir passé la journée de mardi pour réclamer davantage de soutien au secteur et malgré les nouvelles annonces du gouvernement.
"On a décidé, après consultation des délégations, de rester ici pour la nuit", a déclaré Damien Greffin, l'un des vice-présidents de la FNSEA, affirmant à ses troupes que le syndicat agricole souhaitait "remonter au créneau" sur le "sujet de trésorerie, actuellement en discussion".
Les agriculteurs lèvent le barrage de l'A64
Les agriculteurs qui occupent depuis un mois un barrage sur l'autoroute A64 reliant Toulouse à Bayonne vont "lever le barrage", indiquent les responsables du mouvement agricole des "Ultras de l'A64". Ces derniers bloquent cette autoroute à hauteur de Carbonne, en Haute-Garonne. L'annonce de la levée de barrage intervient après une négociation avec le préfet du département qui s'est rendu sur place.
Bertrand Loup, l'un des responsables du mouvement, a précisé que les agriculteurs allaient partir "entre aujourd'hui et demain, le temps de tout ranger".
Aucun bovin ne sera présent au Salon de l'agriculture 2026
C'est une première depuis 60 ans. En raison de la dermatose nodulaire, aucun bovin ne sera présent au Salon de l'agriculture 2026, confirment les organisateurs. "Je peux aujourd'hui malheureusement vous confirmer que nous avons pris acte hier (lundi) soir de la décision qu'il n'y aura aucun bovin au salon international de l'agriculture en 2026", a déclaré son président, Jérôme Despey. "Un coup dur pour le salon", a-t-il ajouté.
Les agriculteurs de la FNSEA prêts à rester à Paris jusqu'à ce que leurs demandes soient "entendues"
Les agriculteurs venus manifester mardi matin à Paris avec au moins 350 tracteurs n'en bougeront pas tant que leurs demandes n'auront pas été "entendues", a averti l'un des vice-présidents du syndicat FNSEA, organisateur de ce mouvement.
"La révolte paysanne redémarre aujourd'hui et nous resterons ici jusqu'à ce qu'on ait des réponses. On demande à être reçus par le Premier ministre. On ne bougera pas d'ici tant qu'on n'aura pas été reçus et entendus," a déclaré à ses troupes Damien Greffin, également responsable du syndicat pour le grand bassin parisien.
Des dizaines de tracteurs devant l'Assemblée nationale
Entrés ce matin dans Paris, les agriculteurs ont descendu les Champs-Elysées et rejoint le quai d'Orsay. Peu après 8H00, quelque 250 tracteurs tracteurs étaient arrivés au Quai d'Orsay, non loin de l'Assemblée nationale, sur les 350 recensés par les forces de l'ordre comme participant à la mobilisation, selon un point de la préfecture de police. Ces tracteurs arrivent du Nord, de l'Eure-et-Loir, du Loiret et des départements de la grande couronne parisienne et sont escortés par la police, jusqu'au quai d'Orsay où se trouve leur point de rassemblement.
A 7H30, une file ininterrompue de tracteurs s'étirait depuis l'Assemblée nationale, devant laquelle a été déployée une banderole "La révolte paysanne reprend".