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Abattage de bovins en Ariège : les forces de l'ordre prennent le contrôle d'une ferme après des affrontements avec des agriculteurs

Des centaines d'agriculteurs ont manifesté leur colère avant que les forces de l'ordre ne reprennent le contrôle de la ferme en fin de soirée.
Ce jeudi 11 décembre, environ 300 agriculteurs étaient mobilisés pour empêcher l'abattage de 200 bovins dans une ferme d'Ariège, après la découverte mardi d'un cas de dermatose nodulaire contagieuse. En fin de journée, le préfet de l'Ariège avait pourtant assuré que les deux frères propriétaires du troupeau avaient donné leur accord pour l'abattage.

Elle grappille du terrain chaque jour un peu plus dans les élevages de bovins : la dermatose nodulaire. Après une certaine accalmie, deux nouveaux foyers de cette maladie virale ont été détectés en Occitanie où l'inquiétude grandit dans la région. À Bordes-sur-Arize, petit village de l'Ariège, 207 vaches doivent être euthanasiées.

Et peu importe l'accord trouvé entre les propriétaires du cheptel et les services de l'État, des centaines d'agriculteurs ont manifesté leur colère avant que les forces de l'ordre ne reprennent le contrôle de la ferme en fin de soirée.

"Si on lui abat ses vaches, on tue le monsieur avec"

Barricade en feu, jets de projectiles et tension maximale devant cette petite ferme familiale, encerclée par des agriculteurs mobilisés mais à bout face aux forces de l'ordre. "Vous croyez faire quelque chose de bien ? Vous faites que de la merde ! J'ai le droit de crier, point barre", s’énerve l’un d’eux. Une colère décuplée lorsque le fils du propriétaire du cheptel a fondu en larmes à l'annonce de l'accord.

Jérémy, l'un des nombreux agriculteurs mobilisés, craint le pire désormais. "Si on lui abat ses vaches, on tue le monsieur avec. Comment voulez-vous que ce monsieur remonte ? Malheureusement, tout peut arriver. Il peut se suicider, il peut faire beaucoup de choses. Donc, il faut que ça s'arrête", réclame-t-il. Car 207 vaches abattues, c'est aussi le travail de toute une vie, s’indigne Nadine, une amie de la famille.

"C'est une ferme familiale de génération en génération qui se débrouille pour avoir une qualité de viande, pour pouvoir avoir une bonne génétique. Et si on tue, il n'y aura plus rien et la génétique meurt", explique-t-elle. C'est aussi pour ces raisons que certains agriculteurs ici prévoient de se rendre dans les Hautes-Pyrénées, juste à côté, là où un cheptel doit aussi être abattu.