Les ultimes tractations ont commencé avant l'expiration du délai fixé par le président de la République. En effet, le chef de l'État en est convaincu, il a encore la possibilité de s'extirper de cette mauvaise passe. Son dernier atout : son pouvoir de dissoudre. Le Premier ministre démissionnaire, Sébastien Lecornu, a convié chacune des forces politiques à Matignon pour essayer de trouver des compromis.
Emmanuel Macron veut jouer sur la carte de l´ambiguïté stratégique pour tenter une ultime prise de conscience des Républicains, des Socialistes, mais également des membres de son propre camp. "En cas d'échec, il prendra ses responsabilités", assure son entourage.
Nommer un Premier ministre issu de la gauche ?
Le président de la République en a conscience, hormis le Rassemblement national, personne n'a intérêt à se retrouver devant les électeurs dans les prochaines semaines. Le chef de l'État, qui n'envisage absolument pas la démission, peut encore essayer ce qu'il s'est refusé de faire ces derniers mois : nommer un Premier ministre issu de la gauche.
En coulisses, les tractations ont déjà commencé. Ce lundi soir, en marge de leurs interviews chez nos confrères de TF1, le patron de Renaissance, Gabriel Attal, le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, et la secrétaire nationale des Écologistes Marine Tondelier, se sont enfermés dans une loge de maquillage et ont échangé durant plus de 45 minutes. Pour le président, c'est tout le sens de ces deux jours de mission confiés à Sébastien Lecornu. L'idée est de gagner du temps et de trouver une autre solution à la dissolution.