Presque deux ans jour pour jour après les attaques terroristes du 7 octobre 2023 en Israël, le pays a débuté les cérémonies d'hommages aux quelque 1.200 victimes et 5.000 blessés. À Tel-Aviv, de nombreux habitants ont participé à une grande manifestation en hommage aux victimes. Une ville qui, malgré le conflit à Gaza à quelques dizaines de kilomètres de là, attirent de nombreux Français qui font leur Alyah, cette démarche qui permet aux Juifs de devenir citoyen israélien.
Dans son appartement de la ville, équipé de murs blindés, Tom semble apaisé. Ce dernier a déménagé il y a neuf mois dans le centre-ville, pour écrire une nouvelle page de sa vie.
"Je me suis dit : il faut que je fasse mon Alyah"
"Après le 7-Octobre, j'ai décidé de faire du volontariat agricole dans un kibboutz. Un matin, j'ai regardé le désert, j´ai regardé mes pieds et je me suis dit : 'En fait, c'est là que t'as envie d'être'. Malgré la guerre, je me suis dit : 'Ça y est, faut que je fasse mon Alyah, j'en ai envie'", confie-t-il au micro d'Europe 1.
Loin des magasins parisiens, c'est désormais au marché Carmel, au pied de son immeuble, qu'il fait ses courses. Épanoui dans sa nouvelle patrie, il repense parfois avec amertume à la France, devenu invivable à ses yeux. "L'antisémitisme en France a vraiment motivé ma décision", reconnaît-il.
Trop d'antisémitisme en France
"Je ne voyais pas d'avenir pour moi en tant que Juif en France, ni pour mes futurs enfants. Je ne voulais pas les élever dans la France de maintenant". Désormais, il ne compte pas retourner en France.
Il n'y a plus d'attaches, et surtout, de moins en moins d'amis. "J'ai essayé d'expliquer à des amis que le 7-Octobre, c'était comme le Bataclan en France. Malheureusement, ils ne comprennent pas, ils disent : 'Oui, mais c'est pas pareil'. On arrive malheureusement plus à discuter, mais c'est comme ça", regrette-t-il.
Malgré les bombes et les alarmes qui, il y a quelques semaines encore, l'ont réveillé en pleine nuit, sa nouvelle vie commence en Israël, loin d'une France qu'il se promet de ne jamais retrouver.