Après les tensions de l’ère Scholz, place à l’entente cordiale. Depuis six mois, Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz affichent une unité sans faille, du moins en façade. Car derrière les sourires, les désaccords stratégiques s’accumulent, surtout sur la défense.
Un rapprochement avec les États-Unis
Berlin, lancé dans un réarmement colossal de 650 milliards d’euros d’ici 2029, affiche clairement son ambition : redevenir la première puissance militaire conventionnelle d’Europe. Une ambition qui inquiète Paris, où l’on redoute une tentation hégémonique allemande.
Dernier symbole en date : le projet d’avion de combat du futur, le Scaf, censé remplacer le Rafale et l’Eurofighter. Ce programme, voulu comme le pilier d’une Europe de la défense, patine. Tandis que Dassault déplore l’absence de progrès, l’Allemagne multiplie les rapprochements avec Washington, notamment autour du F-35 américain.
Pour Emmanuel Macron, le risque est clair : voir l’effort militaire européen se diluer dans l’orbite atlantiste, plutôt que de renforcer une véritable autonomie stratégique commune.