Steven Gunnell l'avoue sans problème au micro de Christine Kelly et vous. Quand on lui pose la question autour de la polémique de l'affiche de son film, sa réponse fuse : "On l'a pas vu venir". Docu-fiction dont Europe 1 est partenaire, Sacré Coeur revient sur les apparitions de Jésus à Sainte Marie-Marguerite Alacoque dans la commune de Paray-le-Monial, il y a 350 ans.
Mais à la veille de sa sortie dans 180 salles, le couperet tombe. MediaTransports, la régie publicitaire de la SNCF et de la RATP pose son veto face à l'affiche du film. "Une telle campagne revêt un caractère confessionnel et prosélyte incompatible avec le service de neutralité du service public qui lie nos opérateurs", explique-t-elle.
"On a été très impressionné"
"On a été très impressionné par ce tapage, cette polémique qui nous a complètement pété à la tronche. Ça nous est tombé dessus avant-hier", explique au micro d'Europe 1 Steven Gunnell. "Tous les médias s'en sont emparés de toutes les chaînes. On ne le maîtrise pas, on ne le comprend pas, on ne la pas vu venir".
Quant à savoir ce que traduit cette décision, le réalisateur botte en touche. "Je ne sais pas grand-chose si ce n'est de dire qu'à notre petit niveau, on ne pouvait pas répondre financièrement aux devis. On était prêts à nous aider, même, pour éventuellement faire une petite campagne, histoire de marquer le coup, [...] mais on nous a dit non. Et on n'a pas compris pourquoi et si ce n'est pour la neutralité, la laïcité etc..."
Mais derrière ces arguments, Steven Gunnell semble percevoir une autre raison : "je pense qu'ils ont eu peur certainement de représailles que ça pouvait susciter ici et là".