En bâtissant son propre arsenal nucléaire, la France a également fondé sa propre doctrine de dissuasion basée sur la notion de "stricte suffisance". C'est la raison pour laquelle elle dispose de moins de 300 têtes nucléaires depuis la fin des années 2000.
Des tirs depuis les airs ou des abysses
Ce qui situe la France loin des 5.580 ogives russes, des 5.044 armes américaines et des 500 têtes chinoises. En clair, la doctrine tricolore n'est pas d'adapter l'arsenal aux capacités adverses. Mais de maintenir un volume minimal d'armes suffisamment crédibles et capables de vitrifier l'ennemi de façon certaine. L'arsenal français peut être tiré depuis les airs.
Environ 40 rafales, déployés à Saint-Dizier, Istres et Avord, peuvent emporter 54 missiles de croisière à tête nucléaire d'une portée d'environ 500 kilomètres. Une dizaine d'autres Rafale Marine peuvent être embarqués sur ordre présidentiel sur le porte-avion Charles-de-Gaulle.
Enfin, une autre possibilité, un tir depuis les abysses. Quatre sous-marins lanceurs d'engins, équipés chacun de 16 missiles balistiques d'une portée de 10.000 kilomètres. Dans chaque missile, six têtes nucléaires indépendantes. Elles sont stockées dans la presqu'île de Crozon, non loin de l'Ile Longue, port d'attache des sous-marins nucléaires français.