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Marseille : les manifestations à répétition et les pillages mettent les commerçants à genoux

[© Thibaud MORITZ / AFP]

À Marseille, les forces de l'ordre maîtrisent désormais les groupes violents, mais le mal est fait. Entre manifestations à répétition, peur des casseurs et enseignes fermées pour travaux, les clients ont déserté le centre-ville. Les commerçants s'inquiètent pour les huit semaines décisives avant Noël.

Les rendez-vous de manifestations à l'appel des syndicats, des gilets jaunes et des lycéens se multiplient, avec en toile de fond la peur que des casseurs et des pilleurs se mêlent aux cortèges de revendications sociales.

À Marseille, comme dans de nombreuses communes, si les forces de l'ordre arrivent désormais à maîtriser la situation avec les groupes violents, le mal est déjà fait : les clients ont déserté les centres-villes.

À l'exception des artisans qui réparent les devantures et des commerçants comme Cathy qui attendent désespérément le chaland devant leurs boutiques, les rues sont désertes et les tiroirs-caisses à l'arrêt. "Depuis une dizaine de jours, là, je ne fais plus rien. Là, la ville est complètement déserte, quoi. Pour moi, personnellement, je fais sincèrement des zéros tout le temps, tout le temps. Moi, ça fait 33 ans que je suis ici, dans cette boutique, je n'ai jamais vu ça de ma vie, jamais. Je ne sais pas si les gens vont se relever", s'inquiète-t-elle.

Centre-ville défiguré et rues désertées

Les nombreuses enseignes fermées pour travaux et la multiplication des rendez-vous sociaux finissent de décourager les clients. "Au-delà du fait qu'il y a la manif, il y a ce qui s'est passé auparavant et qui fait peur aux gens, les gens d'une manière naturelle. Tout ce qui est en famille, ils ne préfèrent pas venir, quoi. En l'occurrence, aujourd'hui, c'est un jour de manif. Ben, c'est zéro, pas loin", déplore Ziad devant sa boutique d'accessoires de téléphonie.

Et la tension monte chez les commerçants à l'approche de la période de Noël. "Il y a une grosse inquiétude parce qu'on a huit semaines à peu près pour faire notre chiffre et ça s'engage de façon compliquée. On ne peut pas continuer dans ces conditions-là", souligne Nicole Richard-Verspieren, présidente de l'association des commerçants du centre-ville.

Ces commerçants continuent malgré tout de rester ouverts dans l'attente d'un retour au calme.