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Une taxe à double tranchant ? Les Californiens appelés à se prononcer sur une taxe Zucman locale

[ANDRES KUDACKI / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP]

En parallèle des midterms, les Californiens devront se prononcer sur la proposition 40. Une proposition de taxe, inspirée par les économistes français Gabriel Zucman et Emmanuel Saez, qui vise à imposer une seule fois à hauteur de 5% la valorisation net des milliardaires vivant dans l'État, quitte à favoriser le départ de hauts contribuables.

Les Californiens vont-ils voter la proposition 40 ? En parallèle des midterms, les électeurs de l'État le plus peuplé des États-Unis doivent se prononcer sur une nouvelle taxe qui fait débat. Proposée par un syndicat de personnels de santé, le SEIU-United Healthcare Workers West, cette nouvelle taxe vise à prélever 5% du patrimoine imposable des milliardaires ayant une valorisation à plus d'un milliard de dollars, une fois les dettes comprises. 

Cette taxe n'a pas à vocation a être renouvelée au cours des prochaines années, et doit permettre de financer le système de santé de l'Etat californien (90% des recettes ndlr) ainsi que, dans une moindre mesure, des mesures d'éducation et de nutrition. La proposition rappelle celle des économistes français Gabriel Zucman et Emmanuel Saez, qui suggèrent d'imposer annuellement à hauteur de 2 % la fortune des milliardaires français.

Déjà sept départs

Sont exclus du calcul l’immobilier détenu directement, les pensions de retraite et les comptes d’épargne retraite. Les quelque 200 milliardaires californiens concernés pourront régler leur dû en une seule fois, avant avril 2027, ou l’étaler sur cinq ans, moyennant une charge annuelle supplémentaire de 7,5 % sur le solde restant.

Selon ses promoteurs, la taxe pourrait rapporter jusqu’à 100 milliards de dollars. Mais de nombreux milliardaires ont déjà menacé de quitter la Californie. Pour contrer ces départs, le texte vise les personnes résidant dans l’État au 1er janvier 2026 : partir après cette date ne permet donc pas d’échapper à l’impôt. Cela n’a pas empêché certains de sauter le pas.

Déjà sept départs

C'est le cas pour les cofondateurs de Google, Larry Page et Sergey Brin, qui ont tous les deux déménagés en décembre dernier pour devenir résidents pour l'un en Floride, et pour l'autre, dans le Nevada. 

Au total, sept milliardaires ont quitté l'Etat avant le 1er janvier 2026, dans l'optique d'éviter la proposition 40, emportant avec eux près de 539 milliards de dollars d'actifs. Une initiative qui avait surpris Gabriel Zucman sur les réseaux sociaux il y a quelques jours.

Pour le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, l'instauration d'un impôt sur les grandes fortunes serait plus efficace au niveau fédéral qu'à l'échelle d'un seul État, où elle risquerait de pousser les contribuables visés à l'exil.

Certains sont prêts à payer

D'autres ont fait le choix de déménager sans lien direct avec la taxe, à l'instar Steven Spielberg, qui assure vouloir avant tout se rapprocher de ses petits-enfants à New-York. Certains ont choisi de rester, à l'instar du patron de Nvidia, Jensen Huang, septième fortune mondiale. "Je suis parfaitement à l'aise" avec cette taxe, a-t-il assuré à la presse. 

Le cas de  Mark Zuckerberg est différent. Après avoir menacé de quitter la Californie, le PDG de Meta a conclu un accord avec le conseil d’administration du groupe pour conserver son contrôle sur l’entreprise. 

Si la taxe est adoptée, il devrait environ 10 milliards de dollars. Meta lui attribuera des actions sans droit de vote, dont il pourra vendre une part (l’équivalent de 10 % de sa participation) pour payer sa facture sans perdre ses droits de vote. En échange, il s’est engagé à rester huit ans en Californie.