Les conditions météorologiques s'annoncent comme un élément « majeur » pour expliquer le crash d'un avion d'affaires survenu dimanche en Floride, tuant les neuf personnes à bord. Les premiers éléments de l'enquête révèlent des échanges glaçants entre le cockpit et la tour de contrôle juste avant l'impact.
Les conditions météorologiques seront un élément "majeur" de l'enquête sur les causes de l'accident d'un avion d'affaires qui s'est écrasé dimanche en Floride, faisant neuf morts, a indiqué lundi un responsable de l'Agence fédérale américaine de sécurité des transports (NTSB).
Lors d'une conférence de presse à West Palm Beach, Tom Chapman, membre du conseil du NTSB, a retracé les dernières heures du Learjet 60, un modèle fabriqué par Bombardier jusqu'en 2007, qui avait décollé d'Austin au Texas à 10H37 (15H37 GMT) en direction de l'aéroport de North Eleuthera, aux Bahamas.
L'appareil transportait deux membres d'équipage - un capitaine et une copilote - et sept passagers.
L'émotion autour de la jeune copilote
L'identité des victimes n'a pas été confirmée par les autorités à ce stade, car des analyses génétiques seront nécessaires.
Plusieurs proches de la copilote l'ont identifiée auprès de plusieurs médias américains comme étant Nathalia Gadelha Filgueiras, âgée de 20 ans et originaire du comté de Boca Raton (Floride).
Selon eux, elle avait décroché sa licence de pilote à 17 ans - avant son permis de conduire - et cumulait environ 1.300 heures de vol. Elle avait commencé à travailler pour une société de location d'avions de Fort Lauderdale (Floride) il y a environ neuf mois.
Les enquêteurs n'ont pu déterminer à ce stade qui était aux commandes de l'avion au moment du drame.
Un appel de détresse glaçant
Chapman a confirmé la teneur des échanges entre le cockpit et la tour de contrôle, dont l'enregistrement avait été révélé dès dimanche. Une voix féminine fait calmement état de "turbulences modérées" et de givre, avant de demander l'autorisation de prendre de l'altitude.
"Mayday, mayday, nous descendons à 10.000 pieds par minute", peut-on entendre après divers rapports sur l'altitude de l'appareil.
Quelques instants plus tard, la même voix lance : "Nous allons nous écraser au sol", avant un cri et l'interruption brutale des communications à 12H50 (17H50 GMT).
Un impact d'une extrême violence
Selon Tom Chapman, l'avion avait été équipé après sa livraison d'un enregistreur de vol CVR (discussions dans le cockpit) mais il n'est pas clair s'il en disposait toujours.
Tim Monville, enquêteur en chef chargé de cet accident, a indiqué qu'un automobiliste avait, semble-t-il, été blessé à une jambe lorsque l'avion s'est écrasé à pic au bord d'une route très fréquentée, laissant un profond cratère.
Le profil technique de l'appareil sera examiné
Selon la NTSB, l'avion avait été affrété par Aurora Aviation pour un vol opéré par Upper Jets. Sollicités par l'AFP, ces sociétés n'ont pas répondu dans l'immédiat.
La société de location Jettly, qui proposait également ce Learjet immatriculé N722BD dans son catalogue, a précisé à l'AFP qu'il avait été mis en service en 2004 et rénové en 2018.
Le propriétaire de l'avion, d'après le site du régulateur de l'aviation (FAA), était une société enregistrée dans le Delaware, appelée LR60271 LLC.