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Fin de vie : «Une agonie qui dérape peut marquer un deuil pour très longtemps», s'inquiète Laurent Frémont

[Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Les conséquences pour les proches constituent l'une des principales préoccupations de Laurent Frémont. Sur Europe 1, le cofondateur du collectif Démocratie, Éthique et Solidarité estime que certaines situations prévues dans le document de travail de la Haute Autorité de santé pourraient placer les familles face à des décisions particulièrement lourdes lorsque la personne concernée a perdu connaissance.

C'est un document dans lequel Laurent Frémont relève plusieurs situations problématiques. Ce document, provenant de la Haute autorité de santé (HAS) et révélé par La Croix, dévoile le protocole à suivre pour appliquer l'aide à mourir en France. L'enseignant en droit constitutionnel évoque notamment des cas où la personne ne décède pas immédiatement après l'administration des produits. "Pour les proches, l'impact sera enfin potentiellement très très difficile", explique-t-il, estimant qu'ils pourraient être confrontés à des scènes "qui peuvent être impressionnants" et à des décisions complexes lorsque la personne est devenue inconsciente.

Il s'interroge ainsi : "Que fait un enfant ? Que fait un conjoint à ce moment là ?" avant d'évoquer l'hypothèse où les proches devraient se prononcer sur la poursuite ou non de la procédure. Au micro d'Europe 1 matin, Laurent Frémont regrette également ce qu'il présente comme une absence de prise en charge des conséquences pour l'entourage. "Rien n'est prévu pour l'accompagnement ensuite", affirme-t-il. Selon lui, "une agonie qui dérape peut marquer un deuil pour très longtemps" et "l'impact sur les proches peut être tragique". Le cofondateur du collectif estime enfin qu'une société qui organise ce type de procédure ne peut pas laisser "les proches et aussi les soignants" seuls face à d'éventuels échecs ou complications.