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Nvidia accélère son ancrage européen : Le géant américain investit dans Doctolib et trois start-up françaises d'IA

[Benjamin Fanjoy / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP]

À l'occasion de sa tournée européenne, le patron de Nvidia, Jensen Huang, a officialisé de nouvelles participations financières dans quatre start-up tricolores. Cette synthèse analyse l'impact de ces investissements sur les futurs modèles d'IA souveraine de Doctolib, les détails des enveloppes budgétaires globales et les débats suscités par l'utilisation des données personnelles.

Nvidia renforce son ancrage en Europe : le géant américain des puces a annoncé, mardi, son entrée au capital de la plateforme française de prise de rendez-vous médical Doctolib ainsi que de trois start-up tricolores d'intelligence artificielle.

Cette participation a vocation à "lancer la révolution de l'intelligence artificielle en Europe", a déclaré son patron Jensen Huang, lors d'un événement organisé à Paris dans le cadre de sa tournée européenne.

Un quatuor de start-up tricolores sous les projecteurs

Il a aussi annoncé des investissements dans Genesis AI, start-up franco-américaine d'IA pour la robotique, Pigment, jeune pousse française qui développe un logiciel de planification pour entreprise dopé à l'IA, et Entalpic, qui applique l'IA générative à la découverte de matériaux pour l'industrie chimique.

Nvidia n'a pas détaillé les montants engagés dans ces quatre entreprises.

L'an passé, le géant américain a investi au moins 8 milliards de dollars en Europe et compte dépenser 2 milliards de dollars supplémentaires cette année, a précisé M. Huang lors d'une discussion avec des journalistes.

"Nous avons immensément investi dans chaque couche de l'infrastructure de l'intelligence artificielle en Europe", a commenté le patron attendu ensuite à Londres, Stockholm et Berlin.

Entre souveraineté politique et alliances stratégiques

Le dirigeant a terminé sa visite par une rencontre à l'Élisée avec Emmanuel Macron, évoquant "les investissements de Nvidia dans l'écosystème français de l'IA, l'open source et la sécurité de l'IA", selon un message posté sur X par l'entreprise dans la soirée, montrant une photo de Jensen Huang avec le chef de l'État français.

"Nvidia investit dans des entreprises françaises et s'engage à soutenir notre initiative franco-allemande pour développer la recherche ouverte en Europe", s'est également félicité M. Macron sur X.

"Cela a d'autant plus de valeur que nous partageons et portons la même exigence d'une intelligence artificielle ouverte, sûre et au service de notre souveraineté", a-t-il ajouté.

Doctolib et l'IA médicale : Vers un assistant de santé souverain ?

L'Américain va entrer au capital de Doctolib comme actionnaire minoritaire, sans siège au conseil d'administration, a précisé à l'AFP Stanislas Niox-Château, le patron de la plateforme de santé.

Avec le capital investi par Nvidia, Doctolib va "accélérer ses recrutements et, grâce à cela, accélérer le développement de ses modèles d'IA propriétaire", c'est-à-dire de modèles ne dépendant pas des géants de l'intelligence artificielle comme Open AI ou Anthropic.

L'investissement du groupe américain "va nous permettre d'aller beaucoup plus vite dans le développement en cours de notre assistant personnel de santé pour les patients", mais aussi de "nos assistants pour les soignants, à la fois pour les tâches administratives et les tâches cliniques", une des "grandes priorités" pour 2027/2028, a ajouté M. Niox-Château.

L'entreprise utilisera "la technologie de Nvidia, notamment les puces, la puissance de calcul, les logiciels ouverts" afin d'avoir "une IA souveraine entraînée à partir de nos modèles, de nos données, et contrôlée par nous", a-t-il détaillé.

Entre ambitions technologiques et boucliers éthiques

Doctolib a lancé en août un programme de recherche scientifique qui utilise les données personnelles de ses 50 millions d'utilisateurs, censé permettre "l'amélioration des parcours de soins grâce à l'intelligence artificielle", et qui a suscité une levée de boucliers, notamment de la part de la Ligue des droits de l'Homme.

La dernière valorisation de Doctolib était, au printemps dernier de 3,6 milliards d'euros.

En septembre, Nvidia avait annoncé prendre le contrôle de la plateforme franco-américaine d'intelligence artificielle (IA) Hugging Face pour 12,9 milliards de dollars.

Ces différentes opérations illustrent la diversification du groupe de Santa Clara (Californie), qui se positionne, par participations, acquisitions ou garanties, dans tout l'écosystème de l'IA à travers le monde.