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Budget européen : combien la France verse-t-elle à l'Union européenne et combien reçoit-elle en retour ?

[Frédéric Pétry / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

La contribution française au budget européen devrait atteindre 31 milliards d’euros en 2027, sur fond de finances publiques sous tension. Alors que la France reçoit aussi plusieurs milliards d’aides, les députés débattent d’une facture de plus en plus contestée.

La facture est salée. La France devrait contribuer à hauteur de près de 31 milliards d’euros au budget de l’Union européenne en 2027, contre 28,8 milliards en 2026. Alors que les finances publiques françaises sont sous tension, cette participation suscite un débat politique croissant. 

Si la France verse davantage au budget européen qu’elle n’en reçoit directement, elle reste l’un des principaux bénéficiaires, notamment dans le domaine agricole.

Une contribution française en hausse

Les députés doivent débattre ce mercredi 14 octobre de la participation financière de la France au budget de l’Union européenne, dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances pour 2027. Au cœur des discussions : une contribution qui augmente et dont le montant est de plus en plus contesté.

Selon les prévisions budgétaires, la France devrait verser environ 28,8 milliards d’euros en 2026. Pour 2027, la facture pourrait atteindre près de 31 milliards d’euros, sous réserve des arbitrages budgétaires. Cette somme constitue une part importante du financement de l’Union européenne, dont le budget repose principalement sur les contributions des États membres, calculées notamment en fonction de la taille de leur économie.

La hausse de cette participation s’explique notamment par les besoins croissants de financement de l’Union, les conséquences du Brexit et les dépenses supplémentaires liées à la crise sanitaire et au soutien à l’Ukraine.

Près de 10 milliards d’euros pour l’agriculture

La France fait partie des principaux contributeurs nets de l’Union européenne, aux côtés notamment de l’Allemagne et des Pays-Bas.  En effet, la contribution française est supérieure aux subventions qu'elle reçoit. Montant estimé du déficit : 9 milliards d'euros par an. 

Mais cette différence ne signifie pas que la France ne tire aucun avantage de son appartenance à l’Union. Les financements européens soutiennent aussi des projets agricoles, des investissements régionaux, la recherche, la transition énergétique et le développement des infrastructures. 

La politique agricole commune (PAC) constitue l’un des principaux postes de financement européen bénéficiant à la France. Le pays perçoit près de 10 milliards d’euros par an au titre de cette politique, selon les chiffres.

Le gouvernement veut alléger la facture

Face à la dégradation des finances publiques, l’exécutif estime que la hausse de la contribution française doit être examinée en considération des contraintes budgétaires nationales.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a notamment demandé à la Commission européenne d’étudier la possibilité d’utiliser le produit de l’amende de 4,6 milliards d’euros infligée à Google pour alléger la contribution des États membres.

La contestation dépasse les rangs de la majorité. Le Rassemblement national et La France insoumise défendent tous deux une réduction de la contribution française, même si leurs stratégies et leurs objectifs diffèrent.

Cette fois-ci, le RN et LFI ont la même exigence, faire baisser la contribution française à l'Union de 5 milliards d'euros.