Le proposition du gouvernement de mettre en place une journée banalisée d'échanges pour apaiser la contestation lycéenne, le principal syndicat des chefs d'établissement la rejette, estimant qu'il leur faut plus de moyens que de temps de concertation.
Le principal syndicat des chefs d'établissement, le SNPDEN-UNSA, refuse de mettre en place la journée banalisée d'échanges annoncée par le gouvernement pour apaiser la contestation lycéenne, a indiqué mercredi son secrétaire national estimant que ces temps de concertation ne permettront pas de répondre aux problèmes de fond.
"Pour sortir de cette crise, il faudra autre chose que de simples temps de concertation"
Interrogé sur les temps d'échange de "démocratie interne" annoncés par le gouvernement, Nicolas Bonnet, secrétaire national du syndicat et proviseur du lycée professionnel Henri-Brulle de Libourne, a indiqué sur franceinfo que les chefs d'établissement ne comptaient pas les organiser dans l'immédiat, tant que "le climat n'est pas serein".
"Je crois que, pour sortir de cette crise, il faudra autre chose que de simples temps de concertation", a continué le responsable syndical. Il a rappelé que les revendications des lycéens rejoignent largement celles portées par les chefs d'établissement, citant notamment le manque de moyens, les emplois du temps jugés incohérents, le stress lié à Parcoursup ou encore les absences d'enseignants non remplacés.
"Il nous faut des moyens, il nous faut des professeurs", a déclaré Nicolas Bonnet, ajoutant qu'ils "existent", puisqu'"il y a un certain nombre de professeurs contractuels qui n'ont pas été réembauchés à la rentrée" et qui pourraient, selon lui, être mobilisés pour pourvoir les postes vacants.
"Une journée de dialogue ne suffira pas"
"Le président de la République doit s'emparer de la situation, il doit recevoir les jeunes, il doit les écouter et il doit donner un certain nombre de réponses", a-t-il exigé. Parmi les mesures qu'il juge prioritaires figurent le recrutement d'enseignants afin qu'"il y ait un professeur devant tous les élèves au retour de la Toussaint", ainsi qu'une réforme de Parcoursup et du contrôle continu au baccalauréat, deux sujets qu'il considère comme des sources majeures de stress pour les lycéens.
Tout en condamnant les violences commises en marge des mobilisations, Nicolas Bonnet a réitéré son soutien aux lycéens "qui pacifiquement et démocratiquement s'expriment" et portent, selon lui, des revendications "que nous partageons en grande partie". "Une journée de dialogue ne suffira pas", a aussi réagi jeudi soir dans un communiqué le Snec-CFTC, syndicat de l'enseignement privé.
Le Snec-CFTC refuse que cette initiative devienne un énième "grand oral" de l'école, suivi de rapports et de consultations sans lendemain", écrit-il. Le syndicat demande notamment "des moyens humains supplémentaires" et "le remplacement effectif des enseignants absents sans délai de carence".