Avec la nouvelle hausse du prix du gaz au 1er octobre, les boulangers s’inquiètent pour leur avenir. Entre l’explosion des coûts de l’énergie et la flambée des matières premières, la profession redoute une vague de défaillances, alors que les marges se réduisent dangereusement pour de nombreux artisans.
Depuis le 1er octobre, le gaz connaît une augmentation de 6,3 %, après une hausse de 5,6 % un mois plus tôt, soit près de 12 % en deux mois à peine. Plus généralement, depuis le début de la guerre en Ukraine, la flambée des prix de l’énergie pèse sur le budget des ménages comme sur celui des professionnels.
Parmi les principaux concernés dans le monde de l’artisanat : les boulangers. Exemple au "Fournil d’Antho", à La Ciotat, près de Marseille.
Il travaille déjà six nuits sur sept, ne prend jamais de vacances et se paie très peu. Anthony craint pour l’avenir. "Moi, pour le gaz, ça équivaut à 12.000 euros par an. J’ai mon four qui est encore au gaz de ville, et j’ai mes réchauds aussi. On a triplé en matières premières, le blé a doublé aussi. Là, cette année, l’électricité m’a pris plus de 40.000 euros. Si vous voulez, je suis à plus de 55 % de mon chiffre d’affaires, c’est trop", chiffre ce jeune entrepreneur.
Mais pourquoi ne pas remiser son vieux four et passer à l’électrique ? "Je pourrais le remplacer, mais si vous voulez, le billet, c’est 50 à 60.000 euros. Le temps de démonter celui-là, d’en racheter un nouveau, de le remonter, ça immobiliserait mon affaire une semaine", répond-il du tac au tac.
La fournée continue, c'est terminé
Alors, avec son assistant Maxence, il s’adapte. "Il faut faire gaffe, il ne faut absolument pas le faire tourner toute la journée, bien sûr. Donc, du coup, on essaye de l’éteindre l’après-midi, on ne fait plus de fournée continue."
Et la profession des boulangers va très mal, s’alarme Daniel Salenc, président de la chambre des métiers et lui-même ancien boulanger. "Nos jeunes, aujourd’hui, ne se paient pratiquement plus, ils ont juste du courage. Et on leur explique toute la journée qu’il va falloir qu’ils fassent encore plus d’efforts que leurs efforts. Mais vous verrez que les affaires qui font entre 100 et 300.000 euros de chiffre d’affaires sont destinées à disparaître", estime Daniel Salenc, qui craint une augmentation des défaillances dans tous les métiers de l’artisanat.