Alors que le gouvernement a dévoilé de nouvelles mesures pour faire face à la flambée des prix des carburants, le secteur du transport routier dénonce un véritable "désaveu". Exclus des dispositifs d'aide au profit d'une répercussion des coûts sur les clients, les professionnels se retrouvent dans une impasse financière.
C'est presque inévitable à chaque fois que l'État sort le chéquier, il y a des déçus. Et depuis l'annonce hier de nouvelles aides face à la flambée des prix des carburants, certains secteurs se plaignent d'être les grands oubliés.
C'est le cas des transporteurs routiers qui ne sont plus concernés par le coup de pouce de 20 centimes par litre de carburant. Le gouvernement considère qu'ils peuvent répercuter le surplus sur les factures. Une vraie claque pour cette entreprise familiale où s'est rendu le correspondant d'Europe 1 à Lyon.
Des marges gommées et l'obligation de négocier
“Nous sommes les grands absents des annonces. C'est un désaveu pour la profession”, déplore la patronne des transports Michaud, entreprise familiale de 60 salariés.
Fini donc les aides aux transporteurs qui doivent se débrouiller tout seuls avec leurs clients, explique Séverine Michaud : “On a déjà des marges qui sont extrêmement faibles, 1,5 à 2% de marge. Donc là, inutile de vous dire qu'avec ces augmentations de gasoil, on gomme toute marge possible. Si on ne répercute pas a minima cette hausse de gasoil, on n'a plus intérêt de sortir les véhicules des parcs. Ce n'est pas possible. Il y a des clients qui peuvent dire non, moi je ne veux pas.”
La situation est donc difficile pour les entreprises de transport qui payent le gasoil au même tarif que les particuliers.
Crise de trésorerie et faillites en série
“On aurait tout de même aimé un geste pour nos trésoreries”, explique la chef d'entreprise. “Que l’on nous aide par des prêts à 0%, ce qu'ils ont donné aux pêcheurs aujourd'hui. Parce que le temps que mon client me paye ma facture de gasoil, j'ai fait des très grosses avances de paiement de carburant.”
Une patronne qui dénonce aussi le retard de l'État dans le paiement des aides déjà accordées : “Les aides de juin, juillet, août, le décret n'est pas signé. Et c'est des aides qu'on nous a promises. Donc déjà, on aimerait que les versements soient réalisés. Parce que c'est maintenant que les transporteurs en ont besoin.”
Car beaucoup d'entreprises sont en grande difficulté. Et depuis le début de l'année, 112 ont carrément mis la clé sous la porte dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Un chiffre en hausse de 15% sur un an.