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Crise des carburants : les prix ont amorcé leur baisse, mais pour les gros rouleurs, «ce n'est pas assez»

[© Serge Tenani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Les prix du gazole ont bien amorcé leur baisse après la libération d'une partie des stocks stratégiques. À Lyon, certains automobilistes saluent un coup de pouce, tandis que d'autres jugent le geste insuffisant ou doutent de sa sincérité. D'autant que les effets ne doivent pas durer au-delà de trois mois.

Le prix du gasoil a bien amorcé sa baisse, après la libération d'une partie des stocks stratégiques, qui a calmé la fièvre haussière. Dans la région de Lyon, un coup de pouce bienvenu pour certains automobilistes, mais beaucoup restent méfiants face à une mesure dont ils savent qu'elle ne doit pas durer au-delà de trois mois.

Dans une station de supermarché, un écriteau placé devant les pompes explique que le prix du gasoil bénéficie d'une baisse minimale de 18 centimes. Et pour Jean-Louis, qui fait le plein, la bonne surprise est même plus grande. "Il était à 2,40 euros ce matin, et là maintenant il est à 2,17 euros", soit 23 centimes de moins sur le litre.

Retraité, il utilise un peu sa voiture pour une association. "Ça fait du bien. Je vais gagner cinq ou six euros. C'est une bonne chose." Sébastien, artisan, se réjouit lui aussi. "Regardez, je suis à 148 euros, en principe je mets 160. J'ai gagné 12 euros."

"C'est que dalle"

Pour beaucoup de gros rouleurs, ce coup de pouce n'est pas suffisant, comme Robert, chauffeur de taxi, et Léo, plombier chauffagiste. "Pour moi, c'est que dalle. Ils enlèvent d'un côté, ils prennent de l'autre. Regardez, le gasoil a baissé, entre guillemets, mais le gaz, il prend six points." 

Léo aurait aimé un geste plus important. "Que ça redevienne comme avant, et qu'ils pensent aux petites entreprises. Ça ne se sent pas assez. Sincèrement, ce n'est pas assez."

"Ils ont augmenté le prix avant pour le redescendre derrière"

Christian, lui, suspecte même un tour de passe-passe. "À mon avis, ils ont augmenté le prix avant pour le redescendre derrière et faire croire qu'il y avait une grosse chute. Ils peuvent faire ce qu'ils veulent."

Les Français restent donc très méfiants face à ce geste du gouvernement, dont ils savent qu'il ne doit pas durer au-delà de trois mois.