De la banque russe du RN en 2014 au traumatisme des Républicains en 2022, trouver des fonds pour la présidentielle reste un défi majeur. Si certains prétendants à l'Élysée peinent à rassurer les créanciers, le bloc central affiche, de son côté, une solide santé financière.
Par deux fois dans le passé, Marine Le Pen a dû se tourner vers des banques européennes pour se financer : en 2014 auprès d'une banque russe, en 2022 grâce à un établissement hongrois, conséquence du refus des banques françaises de lui prêter de l'argent pour des raisons idéologiques.
Nouvelle campagne, même difficulté
Cette année encore, l'obtention d'un prêt prend des airs de chemin de croix pour le RN, une difficulté perçue comme une injustice au sein du parti, car Marine Le Pen semble assurée de dépasser la barre des 5% au premier tour, seuil au-delà duquel l'État rembourse les frais de campagne.
La candidate peut néanmoins s'appuyer sur des finances plus saines qu'auparavant grâce aux législatives de 2024 qui rapportent chaque année 15 millions d'euros au parti.
Quelle situation dans les autres partis ?
La frilosité des banques ne touche pas que le Rassemblement national. À droite, le président des Républicains, Bruno Retailleau, fait face aux mêmes blocages. Bien que les sondages le créditent de plus de 5 % des intentions de vote, les établissements financiers restent extrêmement prudents, hantés par le souvenir de l'élection présidentielle de 2022. La "jurisprudence Valérie Pécresse" qui avait vu la candidate LR s'endetter personnellement après avoir échoué sous la barre des 5 %, paralyse désormais les lignes de crédit de la droite traditionnelle.
À l'inverse, le bloc central aborde l'échéance avec beaucoup plus de sérénité. Du côté d'Horizons, l'obtention d'un prêt ne devrait pas poser de difficultés majeures pour Édouard Philippe, porté jusqu'ici par de dynamiques sondages. Mais c'est Gabriel Attal qui affiche la confiance la plus absolue : le candidat de Renaissance peut s'appuyer sur un véritable trésor de guerre, avec plus de 20 millions d'euros d'ores et déjà disponibles dans les caisses de son parti.