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Actuellement à l'antenne

États-majors, exercices de résilience, recensement des cibles… Comment les départements se préparent à la guerre hybride

Ludovic MARIN / AFP [Ludovic MARIN / AFP]

Emmanuel Macron entend muscler la protection du territoire face à une menace russe qui, selon lui, change de nature. Le président réclame un plan pour sécuriser les infrastructures critiques contre les sabotages, les cyberattaques ou les survols de drones.

Emmanuel Macron en fait-il trop sur la Russie ? Les attaques hybrides russe ne resteront "pas sans réponse", avait-il mis en garde, vendredi dernier à l'issue d'une réunion à l'Élysée sur la "dégradation rapide" de la situation internationale. Pour faire face au risque d'attaques ciblées sur le sol français, le chef de l'État a demandé au gouvernement de préparer un plan de protection des infrastructures critiques. 

Sur le terrain, les préfets réévaluent dès cette semaine leur dispositif. Chacun réunit un état-major de sécurité et de défense. Autour de la table : police, gendarmerie, renseignement territorial, DGSI, les armées, la sécurité civile, mais aussi les entreprises stratégiques.

Se préparer à une menace intérieure

Dans un premier temps, cet état-major doit mettre à jour les cibles potentielles, comme des centrales électriques, antennes des réseaux mobiles, voies ferrées, aéroport, ou encore usines d'armement. Jusqu'aux petites ou moyennes entreprises travaillant pour l'Ukraine.

Les préfets doivent aussi vérifier les plans de continuité, et organiser des exercices de résiliences, comme par exemple, une simulation de black-out total dans chaque département. L'enjeu est ainsi de préparer la population. 

La démarche marque le grand retour de la DOT, la défense opérationnelle du territoire. Une doctrine élaborée pendant la guerre froide, pensée pour lutter contre un ennemi de l'intérieur. Elle doit s'adapter aujourd’hui à des manœuvres hybrides, entre drones, cyberattaques et agents "jetables", recrutés à distance bien souvent sans uniforme et dont les actions restent sous le seuil de la guerre conventionnelle.